Where is home?

Je manque à mon devoir d’écrire plus souvent ici… Pas que ce soit une obligation, bien au contraire, mais tout me semble trop banal. Ou hors contexte. Il ne se passe pas grand-chose, alors que nous attendons de pouvoir mettre la maison en vente, pour ensuite partir à la recherche d’une perle rare qui nous hébergera pendant 2 autres années.

Je rêve de camping et d’aventures, de nouvelles contrées et de choc culturel, mais en déménageant à 45 minutes d’ici, mon avenir me semble un peu moins exotique!

En attendant d’assouvir nos désirs d’expatriation, mes filles ajouteront un autre « heuuuu… » quand on leur demandera « D’où viens-tu? », et qu’elles feront le décompte des endroits qui les ont vu grandir.

Quand nous vivions aux États-Unis, les gens demandaient « Where is home? ». Dans notre entourage, tout le monde venait de partout, les Américains comme les étrangers! Alors, « Where is home » signifiait autant « Où es-tu né? », « Où sont tes parents? », « Où souhaites-tu prendre ta retraite? ».

Généralement, les gens s’identifient à leur lieu de naissance. Ils en adoptent l’identité, même s’ils partent. Parlez-en aux gens des Iles de la Madeleine! Même s’ils demeurent aujourd’hui à Charlesbourg, ils viennent encore « Des Iles ».

Moi, je suis une fille de Québec. Mon Guerrier, un gars de Montréal. Mais que répondront nos enfants à cette question?

Sofia est née à Québec, y a vécu un an puis trois ans. Mais dans son coeur, Benning est l’endroit qui l’a vu grandir. Kingston? Trenton? Une étape sur la route.

Audrey est née en Géorgie, mais n’y a vécu que quelques mois. Bien qu’elle précise à tout le monde qu’elle est américaine, sa vie jusqu’à présent s’est passée à Québec et Kingston. Et Dieu sait où ensuite.

Les racines de nos filles sont relationnelles. Elles ne sont pas encrées dans la terre, mais dans le coeur. Celui de notre famille, de nos valeurs, de nos fréquentations.

Et cette absence de racine locale nous pousse à nous détacher du matériel. Pour nous, ce n’est pas la maison qui est importante. Pour nous, ce n’est qu’une coquille. Oui, elle va nous manquer. Mais elle ne représente rien de plus qu’un lieu d’hébergement. Sa chaleur, son côté accueillant et réconfortant, vient des gens qui l’habitent. Pas des planches qui la forment. Le charme d’un quartier ne vient pas de l’urbanisme, mais des personnes qui y vivent et des relations qu’on y forge. Si vous demandez aux filles où elles ont vécu, elles nommeront le lieu, mais vous parleront des gens qu’elles ont y rencontrés, des amis qu’elles ont découverts.

Certains reprochent aux familles de militaire de « déraciner » leurs enfants. Certains ne peuvent concevoir de « transplanter » leur progéniture, comme si ce cordon immobilier était plus vivant que le premier qu’ils ont coupé. Un commentaire venant souvent de gens qui n’aiment pas leur quartier, qui rouspètent que leur maison n’est pas assez grande ou assez neuve. Ils ont hâte que les enfants vieillissent pour déménager, sans réaliser qu’ils ont planté leurs racines dans ce quartier si détesté…

Ils ne veulent pas déraciner leurs enfants d’un environnement qu’ils n’aiment pas, mais nous reprochent de courir le monde et d’en être heureux! Paradoxal non?

Quel mal y a-t-il à planter les racines de nos enfants dans le coeur de notre famille, au sein d’une communauté choisie avec soin chaque fois, en fonction des besoins du moment, plutôt qu’au coeur d’une maison dont ont énumère les défauts chaque jour?

« Where is home? »

Pour nous, « Home » est, secondairement, où l’Armée nous mène. « Home » est essentiellement notre famille. « Home » est une relation, pas une construction.

Lyne
Maman, spécialiste en finances personnelles, blogueuse.

10 Comments

  1. Comme je me retrouve dans tes mots !
    3 ans ici, 4 ailleurs et un je-ne-sais-où qui nous attend … ça me connaît aussi !
    Mais au final, c’est plus dur pour moi que pour les enfants !!!

    1. C’est vrai que les enfants s’adaptent beaucoup plus facilement qu’on ne le pense (ou que nous!). On les sous-estime bien souvent, alors qu’on devrait s’en inspirer 🙂

  2. same for me … Nous ne sommes pas militaires mais tout le temps en vadrouille dans l’ailleurs : 3 ans par ci 3 ans par là … même quand nous sommes resté 5 ans à Grenoble, nous avons migré de 15 minutes au bout de 2 ans … par contre, j’ai trouvé un vrai réconfort dans ma maison cette fois-ci à Kansas City parce que sous couvert d’être très sympa les gens ne m’ont pas du tout ouvert leur maison ou rien du tout : le welcome in Kansas n’a été suivi de rien du tout. La cellule familiale est vraiment importante dans ce cas-là. et maintenant je peux dire, perdue en plein milieu des states, je me sens bien et je crois que les enfants aussi…

    1. Et qu’est-ce qui vous amène à vadrouiller ainsi? Je suis curieuse 😉
      Comme pour nous, à l’arrivée dans une nouvelle ville, la cellule familiale se resserre, on fait notre place ensuite on s’ouvre. C’est particulier que l’ouverture ne se soit pas faite à Kansas… mais chaque état est très différent!

      1. j’ai jamais répondu à ta question et ton bilan m’en donne l’occasion : pourquoi sommes nous toujours en vadrouille : un hasard : des expatriations avec des contrats de 3 ans, un achat de maison au bout de 2 ans à Grenoble et ensuite, cela s’enchaîne… c’est la première fois en 19 ans de mariage que je n’ai pas à penser à déménager au bout de 3 ans.. Ici à Kansas City, nous aurions pu bouger mais là, les enfants dans leurs dernières années de High School nous ont fait réalisés qu’il fallait que nous arretions un peu car cela mettait en jeu leur équilibre et aussi leur scolarité … et de mon côté ce n’est pas pour me déplaire .. même si j’aurai voulu poser mes valises ailleurs mais bon .. nous ne sommes pas si mal ..

        1. Un parcours endiablé!! Comme quoi il n’y a pas que les familles de militaire qui bougent régulièrement.

          J’imagine que c’est plus difficile de s’intégrer étant donné que ce sont des initiatives personnelles et solitaires? Nous, on se retrouve pratiquement toujours dans un milieu où d’autres personnes sont dans la même situation que nous… un peu comme une famille élargie…

  3. Belle réflexion sur la maison, home!
    Depuis notre déménagement, fiston parle parfois de l’autre maison, d’un autre déménagement. Sachant que j’aimerai rester où je suis pour encore plusieurs longues années, j’essaie de lui expliquer combien j’aime où nous restons et combien nous sommes heureux. Donc pas question de déménagement à court ou moyen terme… Pourtant il nous questionne encore quelque fois sur le sujet.
    J’imagine qu’il ne se sent pas encore chez lui. Je sens que je vais travailler ça durant mon congé de maternité. Ta réflexion me fait réaliser tout plein de chose 🙂 Merci!

    1. Merci à toi pour ton commentaire 🙂 Il y a certaines choses que l’on prend pour acquises, ou auxquelles on ne porte pas attention quand la stabilité s’installe… c’est un des aspects que j’aime de notre vie : les opportunités de se questionner sur nos habitudes sont fréquentes.

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