Valeur américaine

L’une des raisons pour laquelle j’étais si à l’aise aux États-Unis, c’est la place qui est donnée aux conjointes au sein de l’armée américaine. Leur implication fait partie de la culture militaire, elle est même souvent mandatée!

C’est une attitude que l’on retrouve très peu au Canada, encore moins au Québec. Les conjointes sont rarement réquisitionnées lors d’activités, et elles ne désirent pas toujours s’impliquer. (Exception faite des bals régimentaires!).

Même les soupers entre conjointes d’une unité ne font pas l’unanimité. Plusieurs se présentent, dépêchées par leur conjoint, percevant ça comme une obligation et non une occasion de rencontre et d’échange. Oui, il y a des exceptions, mais en 10 ans « d’union militaire » et 15 ans de présence dans le milieu, je ne me trompe pas trop.

J’avoue avoir déjà été l’une de celles qui ne courraient pas ces rencontres. Parce que par ma carrière, j’étais déjà très présente. Parce que j’avais un horaire chargé et que mon temps est précieux. Parce que je n’aime pas toujours « parler pour parler » . Parce que j’aime avoir un but, un projet. Et que je ne me sens pas très concernée par une visite de groupe dans un Centre d’achat de Québec. Je préfère les activités « productives », investie d’une mission. C’est dans ma nature.

Alors que si on me donnait la chance de faire une différence, je serais la première à crier « Présente! ». Malheureusement, ce n’est pas ce que l’on attend de nous. On peut bâtir des projets entre conjointes, pour s’entraider… mais il ne faut pas trop se coller au militaire. Et ce n’est pas seulement la chaîne de commandement qui est responsable de cette situation, mais aussi la perception que plusieurs québécoises ont du métier de leur conjoint. Car c’est bien de ça qu’il s’agit : le métier de leur conjoint. Pas le leur. Elles vont appuyer et supporter leur homme, en famille, individuellement, avec beaucoup de courage et de dévouement. Mais pas l’Armée en tant qu’entité. Je le comprends. C’est une question de culture. Mais je trouve ça dommage.

Prenons le jour du Souvenir, par exemple. Oui, quelques conjointes assisteront aux cérémonies. Pour accompagner leur conjoint qui parade. Mais ce n’est pas la masse.

Moi, ce que j’aurais voulu faire, c’est escorter mon Amour qui sera à la Maison Triquet pour souligner le sacrifice des vétérans qui y demeurent. J’aurais aimé pouvoir leur démontrer par ma présence qu’ils ne sont pas oubliés. Que les épouses aussi les remercient. Qu’encore aujourd’hui, nous leur sommes reconnaissants de leur implication au sein des différentes guerres. Que si nous avons la chance de vivre dans un pays libre, de choisir de ne pas honorer ceux qui sont morts au combat, la chance de « profiter d’une journée de congé » le 11 novembre, plutôt que vivre sous la botte d’un dictateur, c’est en partie grâce à leur sacrifice.

J’aurais aussi amené mes filles, malgré leur jeune âge, car elles font partie de leur héritage. Si elles profitent de la qualité de vie que l’on retrouve au Canada aujourd’hui, c’est grâce à eux.

Malheureusement, ce n’est pas possible…

À l’exception des conjointes de commandant, à qui on peut passer plus de caprices dans ce genre, il n’est pas permis à toutes d’avoir des idées aussi saugrenues. Dommage.

Alors, c’est dans mon salon, devant une diffusion en direct des cérémonies du 11 novembre, que j’exprimerai ma reconnaissance envers tous les Canadiens morts au combat depuis la Première Guerre mondiale.

Je me souviens.

Lyne
Maman, spécialiste en finances personnelles, blogueuse.

  1. Je trouve également que l’armée canadienne est bien mal jugée ici au Québec… Que moi et mes enfants accordons à notre militaire tout le support pour qu’il puisse exercer son métier avec l’esprit libre et que c’est bien peu ce que mes enfants sacrifient comparativement à ce qu’ils apportent au monde…Je me souviens…

  2. C’est en Angleterre que je me suis aperçu de l’importance du travail des vétérans. Si ça n’avait pas été d’eux, qui sait ce qui aurait arrêté Hitler à l’époque? Juste pour ça, je porte mon coquelicot de novembre maintenant. Sinon, au Québec, on a tellement la chance de toujours avoir été loin de la guerre qu’on mesure moins l’ampleur et la valeur du dévouement consenti.– Je me rends compte que comme toi, je préfère les rencontres qui ont un but! Tu mets des mots sur quelque chose que je constate chez moi. 🙂

  3. @ LFDM : tous les petits gestes comptent et ont une grande valeur. Ça fait toute la différence dans la vie de ton Homme, et il peut ainsi être plus efficace au travail et faire la différence à son tour auprès ailleurs dans le monde et ici au Canada! @ Caroline : Je suis contente que tu te retrouves dans mes écrits 🙂 et toujours contente de voir ta présence ici 🙂

  4. Je me souviens,De notre dernier 11 novembre au Québec. Moi, Husband et Fils étaient présent à cette occasion en face du parlement… Et nous aussi, pensons que nous sommes bien chanceux. Je dis merci lors de cette cérémonie… pour toute cette liberté dont nous jouissons tous grâce à eux. Tellement émouvant.Monica

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