Repenser nos réflexes de consommation

Repenser nos réflexes de consommation

Le minimalisme a le vent dans les voiles. Quand j’ai commencé à m’y intéresser il y a 8 ans, cette tendance était encore marginale. Joshua Becker, un leader du mouvement, entamait sa transformation et racontait les débuts de son périple sur son blogue « Becoming Minimalist ». Aujourd’hui, de nombreux sites web vantent les mérites de l’épuration et donnent mille et un trucs pour le faire efficacement.

Si se débarrasser du superflu procure une sensation de liberté parfois euphorique, le geste doit s’accompagner d’une réflexion pour être efficace à long terme. Car une fois la maison vide, il faut éviter de la remplir à nouveau ! Pour bien choisir ce dont on veut se débarrasser, il faut aussi comprendre pourquoi nous l’avons acheté au départ.

Deux articles intéressants me sont tombés sous les yeux cette semaine : « Fear Is Why We Have Too Much Stuff » de Leo Babauta (un autre leader du mouvement minimalisme), et « The One Question You Need to Ask Before Your Next Purchase » de Courtney Carver.

Du point de vue de Leo, la raison pour laquelle nous accumulons des objets est la peur. Insécurité, incertitude (garder des trucs « au cas où… »), peur de ne pas être parfait (garder des articles pour nous améliorer ou nous transformer), peur de manquer d’amour (garder des objets pour leur valeur sentimentale). Selon lui, presque TOUS ce que nous possédons et qui n’est pas absolument nécessaires est le reflet d’une peur.

Courtney, de son côté, nous propose de remettre en question nos raisons d’acheter afin de s’assurer chaque transaction soit dictée par l’amour. Est-ce que cet achat contribue de façon positive à notre vie ? Est-ce qu’il supporte un être cher, un emploi ou une occupation que nous aimons ? Est-ce qu’il nous permet de vivre notre vie rêvée ? Ou achetons-nous un objet pour nous distraire ? Pour nous faire oublier une mauvaise journée ? Pour prouver quelque chose ?

Ce que ces deux textes mettent en relief c’est l’importance d’explorer notre raison de consommer. Éviter de le faire par réflexe, sans réfléchir. Consommer est devenu un passe-temps ! La preuve ? Il y a beaucoup plus de monde au centre d’achat les weekends qu’au musée, qu’au parc ou qu’au centre sportif ! Le magasinage est maintenant un loisir, une distraction, une façon de « passer le temps ».

Leo Babauta est une source d’inspiration depuis des années. Je ne suis pas prête à affirmer que TOUS nos achats non essentiels traduisent une peur, mais je suis d’accord que plusieurs le sont. Et ce conditionnement doit être analysé. Le plan d’action qu’il propose : prendre conscience que nous avons peur, faire face à cette peur, explorer sa raison d’être et la transformer.

Est-ce que l’on doit absolument se débarrasser de tout ou arrêter complètement de consommer ? Non. Est-ce que l’on doit être absolument minimaliste pour être heureux ? Non plus. Ce qu’il faut surtout c’est éviter d’être esclave de nos biens. Ne pas combler un manque par du matériel. Et prendre quelques minutes pour s’interroger sur notre motivation à dépenser. Le minimalisme nous permet de repenser nos vieux réflexes de consommation. Et le désencombrement présente de nombreux avantages

Comme le suggère Courtney, réfléchir avant de sortir notre porte-monnaie favorise un comportement positif plutôt qu’une fuite inutile. C’est aussi réfléchir à l’impact de notre consommation sur la planète et sur la vie des producteurs.

Bonne réflexion ! 

Lyne Desruisseaux

Spécialiste en finances personnelles et rédactrice.

3 Comments

  1. en effet, ça fait réfléchir, et oui, bien sur, il y a des peurs… il y en a partout… Le plan d’action est très bien, je pense qu’on peut l’appliquer à la surconsommation alimentaire, par exemple. Je le note pour un prochain achat…
    belle journée…

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