Pourquoi et comment faire un budget
Finances

Pourquoi et comment faire un budget ?

Un sujet qui touche tout le monde, même s’il est à peine plus excitant que les impôts : « Pourquoi et comment faire un budget » ? Bien qu’il soit essentiel pour nous permettre de maximiser nos revenus, il est souvent regardé d’un mauvais œil… comme un exercice bon pour les control freaks seulement. Pourtant, comme un testament ne fait pas mourir, ce n’est pas un budget qui vous fait arriver « dans le rouge » ! Et c’est un exercice assez simple :

1. On additionne tous nos revenus.

2. On soustrait nos dépenses du total de nos revenus = Bingo !

Si le résultat est positif : on épargne pour des projets.

Si le résultat est négatif : on coupe dans les dépenses.

The end.

C’est du moins ce que croyait un de mes anciens patrons qui disait : « Un budget c’est pas compliqué, c’est mathématique ! » Mais le problème avec un budget c’est que ce n’est pas SEULEMENT mathématique. C’est surtout émotif et aussi psychologique.

Oui sur papier on soustrait nos dépenses de nos revenus. Mais entre le papier et la vraie vie, il y a un monde rempli d’émotions qui viennent interférer :

– Je suis frustrée : « Oh ! je mérite bien une nouvelle robe ! »

– Je suis fatiguée : « Allons souper au resto ! »

– J’ai besoin d’appartenir : « Tout le monde a un téléphone intelligent ! »

– J’ai besoin d’être acceptée : « Je dois changer de voiture ! La mienne a l’air trop vieille ! »

– J’ai besoin de faire ou me faire plaisir : « Je mérite bien un voyage dans le Sud ! (Ou une Tobleronne… au chocolat noir ! Même effet !) »

– Je veux lui montrer que je l’aime : « Si je lui achète cette montre, il va voir à quel point je l’aime ! »

– Je me sens coupable : « Et si je lui achetais des roses ? »

– J’ai besoin de me récompenser : « J’ai survécu à ma semaine de travail, je mérite… »

– Je dois faire des compromis : « Je lui ai déjà refusé un voyage dans le Sud, je devrais dire oui pour… ».

– J’ai un problème d’alcool, de jeux, de surconsommation, de drogue : « Le budget est la moindre de mes préoccupations ! »

– Ça ne doit pas être si pire que ça… Tout le monde est endetté !

– Si eux le font, pourquoi pas nous ?

– La banque nous a prêté, on doit avoir les moyens ?

– Etc.

Comment pouvons-nous résister à de tels arguments si nous ne connaissons pas notre situation financière réelle ? Après tout, ce n’est pas UNE robe qui va tout débalancer ?

Non… mais LA robe est rarement le problème… ou la seule dépense non calculée…

Autre situation courante : on arrive, mais juste. On a l’impression de se tenir la tête à peine hors de l’eau même sans faire d’extravagance. On se dit qu’on devrait être capable de se payer tel truc, mais au quotidien, on voit bien que ce n’est pas possible.

Pourquoi ?

Où va notre argent ?

Qu’est-ce qu’on peut faire pour respirer et mettre de l’argent de côté pour ce voyage en Europe dont on rêve depuis si longtemps ?

On ne s’en sort pas, il faut prendre le taureau par les cornes et faire un budget. LA façon la plus efficace de voir la réalité en face. Après on comprend mieux. Après on peut travailler la source du problème (s’il y en a un !).

* Pour vous aider à compléter cet exercice, vous pouvez imprimer ou vous inspirer du guide « Mon budget 2016 » que j’ai préparé spécialement pour vous. Vous retrouverez des tableaux pour chaque étape du budget. Vous pouvez aussi consulter le tableau spécifique pour chaque étape. 

Étape 1 : se fixer un objectif (tableau Objectifs financiers)

Pour vous motiver à faire cet exercice, vous devez d’abord vous donner une bonne raison de le faire. Par exemple :

– Ne pas avoir peur de recevoir votre relevé de carte de crédit en janvier 2017 ;

– Épargner pour les vacances d’été ;

– Savoir où va votre argent ;

– Planifier votre retraite,

– Planifier les études des enfants,

– Planifier l’achat d’une maison, d’une voiture, d’un chalet, d’une roulotte.

– Etc.

Pour favoriser les chances de réussites, utilisez la méthode SMART lorsque vous rédigez vos objectifs. Plutôt que dire : « J’aimerais aller en Gaspésie cet été » utilisez les critères suivants :

S : Spécifique et détaillé : Pourquoi voulez-vous épargner ? « Je veux aller passer deux semaines en Gaspésie pendant les prochaines vacances d’été ».

M : Mesurable. Quand voulez-vous atteindre votre objectif ? Juillet 2016. Combien avez-vous besoin d’épargner ? 2000 $. Combien de mois avez-vous pour épargner cette somme ? 6 mois. Épargne mensuelle nécessaire ? 333 $.

A : Atteignable : Vérifier si vous avez les moyens d’épargner cette somme et validez régulièrement que vous vous rapprochez de votre objectif.

R : Réaliste : Êtes-vous en mesure d’épargner ce montant ?

T : Temporel : Quelle est la date limite pour atteindre votre but ? La paye du 15 juillet.

Si c’est votre premier budget, commencez doucement ! Prenez un objectif facile à réaliser et avec lequel vous verrez rapidement des résultats. Et l’objectif peut être agréable comme passer un weekend en amoureux dans une petite auberge ou amener les enfants au parc d’attractions.

Étape 2 : Identifiez vos revenus nets (tableau Revenus)

Faites la liste de vos revenus : salaire net, allocations, etc. Vous pouvez commencer par tenir compte seulement de vos revenus stables et réguliers. Selon le résultat final de votre budget, vous pourrez inclure les autres revenus au budget mensuel ou leur attribuer un objectif pour les autres revenus (allocations, bonus, pourboires, etc.).

Étape 3 : Identifiez vos dépenses (tableau Prévision des dépenses)

1. Commencez par noter toutes vos dépenses mensuelles fixes : loyer, électricité, assurances, téléphone, câble, remboursement de prêts, etc.

2. Identifiez vos dépenses mensuelles variables : épicerie, essence, restaurants, etc.

3. Finalement, identifiez vos dépenses annuelles et occasionnelles : permis de conduire, immatriculation automobile, taxes municipales, abonnement, entretien auto, vêtements, coiffeuse, sorties familiales, vacances, etc.

C’est généralement ici que ça se corse ! Et ce sont ces dépenses qui font tout basculer. Même si vous devez rembourser un prêt de 400 $ par mois, et que vous croyez que c’est lui qui vous égorge, c’est probablement vos dépenses occasionnelles qui représentent votre plus grosse mensualité.

Il y a celles qui s’additionnent comme vos 3 cafés quotidiens au Tim Horton’s (1,70 $ le café x 3 cafés par jour x 5 jours semaine = 1 326 $ x année), les billets de loterie, les revues, les cadeaux aux amis, aux amis des enfants, au collègue qui vient d’avoir un enfant ou celui qui prend sa retraite, les collectes de fonds des enfants, les différentes sollicitations pour des œuvres de charité, etc. Mais il y a aussi celles qu’on préfère oublier comme l’achat de pneus d’hiver… Et attention ! Remplacer ses pneus de voiture, faire un changement d’huile ou payer l’immatriculation d’un véhicule ce n’est PAS un imprévu ! 😉

Pour vous aider à cette étape-ci, je vous recommande fortement de prendre en note toutes vos dépenses (même celles — surtout celles — de 0,50 $) pendant une semaine minimum, idéalement un mois. Vous pouvez utiliser un calepin ou le tableau Compilation des dépenses. Le plus important est de toujours l’avoir sur vous pour ne rien oublier ! Je vous assure que vous allez faire des découvertes « intéressantes » ! Nous sommes souvent frustrés de ne pas pouvoir nous payer un gros article, mais sans en être conscient, on dépense le double de son prix en « petites » dépenses.

Vous pouvez aussi vérifier vos relevés de cartes de crédit et vos relevés de comptes bancaires de la dernière année pour analyser vos dépenses passées.

Attention aux dépenses qu’on oublie souvent :

– Celles reliées au travail : stationnement, vêtements, nettoyeur, sorties, fonds de café ou de machine à eau, cadeaux, cantine, restos du vendredi, etc.

– Celles reliées à notre vie sociale : réception, les cadeaux d’hôtesse, l’alcool lors de réception, etc.

– Le cout de remplacement de nos iBidulles et appareils électroniques : téléphones, ordinateurs, tablettes. Pensez aussi à l’achat de livres électroniques, de musique, d’applications ou de jeux sur Facebook pour vous faire monter de niveau…!

– Les gardiennes lors de sorties, réception ou heures de travail supplémentaires. Votre sortie au cinéma coute plus cher qu’un simple billet !

– Les loisirs : achat de matériel, les cours, les abonnements, les vêtements de loisirs, le renouvèlement de l’équipement, le spectacle de fin d’année, etc.

– L’école ce n’est pas que les frais de scolarité ou le matériel acheté en septembre ! Pensez aux vêtements, aux sorties scolaires, aux collectes de fonds, aux livres (Scholastic), etc.

Étape 4 : Déduisez de votre revenu le total de vos dépenses.

Le résultat vous surprend ? Vous n’y croyez pas trop ? Vous avez l’impression de ne pas être aussi « serré » dans la vraie vie ?

Est-ce que votre budget est basé sur des faits ou sur le montant que vous aimeriez dépenser ou sur le prix que vous imaginez payer ? Vérifiez vos factures et relevés.

Est-ce que vous utilisez votre carte de crédit pour boucler les fins de mois ? Est-ce que vous rembourser 200 $ x mois du solde de votre carte ou de votre marge, mais vous ajoutez 250 $ de nouveaux achats ? Avez-vous des retards périodiques ? Réduisez-vous l’épicerie le mois où vous devez renouveler votre permis de conduire ? Est-ce que votre revenu est toujours le même, 12 mois par année ?

Maintenant que nous avons le portrait de la situation, on fait quoi avec tout ça pour gérer notre argent mensuellement ? Et si nous sommes dans le rouge, qu’est-ce qu’on fait ? Si vous avez un gros surplus, est-ce que ça vaut la peine de continuer ?

La suite : Comment faire le suivi mensuel de son budget 

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