Même l’absence a besoin d’être routinière

Pour une famille de militaire, l’absence se vit sous différentes formes. La plus évidente : celle de plusieurs mois vécus lors d’une mission à l’étranger. Mais il y a aussi l’absence de quelques semaines pour une formation ou un exercice, celle de quelques jours pour une réunion, et celle de quelques heures pour un surplus de travail.

À Benning l’horaire de mon Guerrier était anormalement stable, avec de rares déplacements annuels de quelques jours. De retour à Valcartier, chaque journée mise bout à bout totalisera deux ans de séparation sur les trois passée là-bas, soit la préparation et les exercices pour deux montées en puissance et une mission en Afghanistan de près de 9 mois. À Kingston elles sont revenues à quelques jours réparties sur deux ans, à notre grand soulagement!

À Trenton, en raison des responsabilités de mon Guerrier, nous faisons maintenant face à un nouveau type d’absence qui se traduit par quelques jours ou quelques heures chaque semaine. Sans pattern : deux jours une semaine, une nuit une autre, départ un dimanche, arrivé un samedi, retour un vendredi soir, un souper rapide avant une tâche X, un souper tardif après une journée chargée.

Honnêtement, pour notre famille et surtout nos enfants c’est le genre d’absence le plus difficile à gérer parce que nous n’avons plus de repères et la routine semble s’effacer. Celle reliée au quotidien familial, mais aussi celle des périodes de monoparentalité.

Par exemple, jusqu’à présent les départs de Papa signifiaient une soirée de filles : souper relax devant un film que nous finissions de regarder « collée-collée » sous la couverte, musique et danse pendant que l’on range la vaisselle, et congé de bain pour avoir plus de temps pour se coller en lisant un livre ou en regardant encore un peu de télé.

Mais aujourd’hui, ce serait ridicule de suivre ce programme à chaque départ et tout le plaisir serait gâché par les nombreuses répétitions (sans compter l’odeur des petits pieds sale)!

Et même si le nombre de jours « sans papa » est moindre que par le passé, la fréquence des séparations fait en sorte que les filles expriment plus leur ennui. Habituellement, avec le temps, ainsi qu’une échéance connue, on apprivoise l’absence de l’être aimé. Mais un horaire chaotique bouleverse davantage l’univers et les sentiments de nos princesses, et les pousses hors de leur zone de confort issue de la stabilité.

C’est alors qu’il faut s’appuyer sur d’autres repères pour ramener les enfants dans cette zone de confort : une routine domestique constante, le maintien des privilèges du vendredi, une discipline consistante et cohérente, etc.

Mais il est aussi important de trouver de quelle façon les enfants sont affectés. Car même au coeur d’une situation qui semble instable, une réaction prévisible et constante prend place. Comme l’eau qui trouve toujours son niveau, les réactions elles sont invariables. Avec le temps et l’expérience, j’ai pu observer comment les filles réagissaient et comment elles étaient affectées. Maintenant, il ne reste plus qu’à mettre en place des solutions adaptées à leurs propres besoins.

Par exemple, Audrey s’ennuie et pleure au moment de se coucher. Donc avant la seconde fatidique des larmes, un de mes toutous vient la rejoindre pour l’aider à s’endormir et la réconforter. La prochaine fois, je lui prêterai le toutou qui a suivi notre Guerrier en Afghanistan. Ce sera son compagnon de solitude.

Sofia de son côté a plus de difficulté à trouver le sommeil, et après l’heure où elle doit se mettre au lit, je la vois se pointer le nez au salon en chignant : « J’m’endors paaaaaaas! ». Pour elle, il faudra donc instaurer une routine de détente. Maintenant qu’elle a ramassé son argent pour acheter un iPod Shuffle, je vais lui créer une liste de lecture « dodo » qu’elle pourra écouter pour s’endormir. Et je glisserai aussi quelques gouttes d’essence de lavande dans l’eau du bain 😉

Tôt ou tard, nous devons tous apprendre à composer avec le chaos et l’instabilité de notre horaire, même si le degré de tolérance varie d’un individu à l’autre. Oui, la routine est extrêmement importante pour les enfants, et leur réaction nous prouve à quel point. Par contre, les initier à gérer le changement, les aider à maitriser leurs réactions à un si bas âge est un avantage, mais aussi un outil incroyable pour eux.

Comme quoi chaque expérience peut être constructive!

Lyne
Maman, spécialiste en finances personnelles, blogueuse.

7 Comments

  1. aie .. je vis aussi cela assez souvent, et là depuis septembre, c’est quasiment toutes les semaines .. gérer son absence mais aussi son retour, qui n’est pas le moment le plus facile .. et c’est mon petit garçon qui en souffre le plus … le rituel du coucher est aussi très important … et c’est sur moi que tout repose .. tous les accompagnements .. la logistique .. les soucis … allez .. bon courage pas facile à gérer..

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