Les 8 ans de ma belle Audrey

Les 8 ans de ma belle Audrey

Dans mon dernier texte qui racontait la fête de Sofia, je vous confiais que celle de sa petite sœur n’avait pas eu autant de succès. Du moins, à mes yeux de maman.

Le jour même de la publication de ce texte, Audrey revenait à la maison avec son journal de classe. Elle avait comme devoir d’en compléter une partie, mais elle voulait d’abord que je lise ce qu’elle avait écrit depuis le début de l’année. Je suis alors tombée sur sa description de son anniversaire… et elle semblait beaucoup moins traumatisée que moi ! En fait, elle a retenu ce que j’espérais qu’elle retienne : une expérience excitante, la présence de ses amies, des rires et du gâteau. La fête parfaite, non ?

Pas tout à fait. Tant mieux si avec le recul, c’est ce dont elle se souvient. C’est un peu pour ça qu’on se donne autant de troubles n’est-ce pas ? Mais le jour de l’évènement, ses impressions étaient très différentes. Et mon manque d’écoute était frappant pour moi.

Tout a commencé avec une maman du 21e siècle qui souhaitait offrir à sa fille une fête exceptionnelle. Par définition, le format de celle-ci devait donc être à des années-lumière de celles qui ont marqué ma propre enfance ! Ah ce que nos petites bêtes nous font faire ! Elles, et la société. Car il faut se l’avouer, dans le dossier des fêtes d’enfants, nous sommes un peu victimes d’influence sociale. Mais je pense que nous sommes surtout très emballés par tout ce qui est maintenant accessibles. Comme plusieurs parents d’aujourd’hui, j’aime offrir des expériences variées à mes enfants. Leur anniversaire de naissance est donc le prétexte parfait pour en vivre une qui sort de l’ordinaire.

MAIS, un point en ma faveur, c’est que j’ai tout d’abord refusé une première suggestion de ma jeune princesse qui souhaitait célébrer dans un endroit super excitant, mais qui coûtait près de 400 $ ! La version finalement choisie semblait être un bon compromis : une fête à la maison, avec des amis et un invité. Le budget de l’évènement venait d’être réduit de moitié, et je gardais la merveilleuse option de remettre l’animation à un expert !

Comme Audrey s’intéresse aux expériences scientifiques, j’ai utilisé les services de Mad Science qui met à notre disposition un « scientifique » qui vient à la maison pour faire différentes démonstrations interactives. Dans la version que nous avons choisie, à la fin de l’activité, les enfants fabriquaient leur propre balle rebondissante ! J’aimais l’aspect « expérience », et ça réglait le problème des sacs cadeaux que je déteste ! Par contre, j’ai égoïstement craqué pour l’option « fabrication de barbe à papa » que j’adore (oui, oui : c’est scientifique. On observe la transformation des matières !). 

Fête scientifique

Fête scientifique

Barbe à papa - c'est scientifique!

L’aspect activité était donc bien panifié, restait le décor. Parce que Dieu sait qu’une maison doit être complètement transformée pour refléter le thème de la fête ! Malheureusement, je n’ai rien trouvé de « scientifique »… et je ne voulais pas me taper la fabrication des mille et un articles absolument fantastiques trouvés sur Pinterest. J’ai donc opté pour une variante : Shopkins meets Mad science! Aucun problème à trouver des assiettes et napkins aux couleurs appropriées ! Et la déco s’est arrêtée là. Ou presque…

Shopkins

Shopkins : gâteau Pink Wishes

Sur papier (et sur photos), c’était la fête parfaite ! Réunir une bande d’enfants, offrir une activité qui soulève les Ohh ! et les Ahhh !, entendre rigoler, manger du gâteau (LE meilleur gâteau de fête jamais mangé !), déballer des cadeaux et mettre tout le monde dehors après 2 h ! Alors aucun scandale ou enfant martyrisé ! Je n’ai pas puni ma fille en la privant d’anniversaire ! Je ne l’ai pas humilié devant ses amies ! Le problème, c’est que j’ai créé la fête typique d’un enfant de 8 ans. Pas de mon enfant de 8 ans. Je n’ai pas écouté la principale intéressée… Ni ma petite voix intérieure.

Je voulais offrir un évènement « dans les normes », une fête que j’imaginais « parfaite ». Alors que quelques jours avant le jour J (une fois les invitations lancées et les réservations faites), ma puce me demandait d’inviter juste une amie… peut-être deux (ce que j’anticipais depuis des jours…). Elle rêvait d’une fête intime. Simple. Avec de la magie, mais sans le chaos d’un groupe. Et surtout pas déballer les cadeaux devant tout le monde!

Je ne voyais pas où serait la magie d’une journée si spéciale, si finalement ce n’était qu’une playdate avec un gros gâteau.  Je ne voulais pas que ma fille ait un mauvais souvenir de sa fête. Qu’elle regrette d’avoir eu une année ordinaire. Je ne me voyais pas non plus amuser 2 enfants pendant 3 heures. C’est plus facile de faire venir quelqu’un… mais embêtant de le faire venir pour deux participants! Bilan : ma puce m’a confié qu’elle s’était amusée… mais qu’elle ne voulait plus jamais revivre une telle expérience!

Mon erreur c’est que je n’ai pas écouté mon enfant qui n’aime pas les groupes, qui n’aime pas le bruit, qui est timide quand il y a trop de monde, surtout chez elle, qui n’aime pas se faire envahir, qui aime aller à son rythme.

La leçon à retenir : toujours écouter notre voix intérieure. Toujours respecter l’enfant… Ne pas juger une situation en fonction de ce qu’elle représente pour nous, basé sur notre bagage personnel. Ne pas leur faire vivre les expériences que nous aimerions vivre si nous avions leur âge aujourd’hui. Ne pas leur mettre des peurs ou des regrets en bouche. Les laisser apprendre de leurs erreurs, s’ils en font une, plutôt qu’apprendre des nôtres. Voir nos enfants apprendre à la dure est toujours souffrant pour un parent. Mais s’ils apprennent de leurs propres erreurs, au moins nous avons l’impression que l’enseignement est mérité, qu’il a une mission à remplir.

On s’entend (encore une fois), qu’il n’y a eu personne de blessé ou traumatisé, pas de sang versé, même pas une larme. Juste le cœur d’une mère un peu fripé… (le cœur fripé, pas la mère… quoi que, ces jours-ci…).

Je m’excuse ma chérie de ne pas t’avoir écouté. D’avoir voulu te protéger de mes propres peurs, alors que tu es déjà bien loin de tout ça. Tu t’affirmes, même dans ta timidité. Tu te respectes. Oui, tu accordes trop d’importance à ce que les autres pourraient penser. Comme j’en ai été trop longtemps victime. Mais tu as dépassé certaines de mes limitations. Et j’ai énormément d’admiration pour toi. Et je dois te respecter. Je ne dois plus assumer à ta place. L’an prochain, tu auras droit à une fête à TA hauteur. Je te promets de t’écouter. De ne pas essayer de tout contrôler. De lâcher prise et vivre une expérience imaginée par toi.

Les 8 ans de ma belle Audrey

Je t’aime,

Maman

xxx

Lyne
Maman, spécialiste en finances personnelles, blogueuse.

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