La lumière au bout du tunnel

En décembre dernier, je vous confiais le défi émotif que représente la vie avec un conjoint qui souffre de traumatismes crâno-cérébral sévères et de PTSD. Je vous avouais que j’avais alors besoin d’un break. Break de commotion. Break de PTSD. Break d’être accompagnante. Break de tenir le fort, d’être vigilante et de jouer les modérateurs.

Les choses ont bien changé depuis ce temps. Je voulais donc donner des nouvelles à ceux qui s’intéressent à nous, et redonner espoir à ceux et celles qui sont dans le même bain que moi. 

En résumé : nous voyons la lumière au bout du tunnel!

Lumière au bout du tunnel

Je suis chanceuse, je n’ai pas eu grand-chose à faire. 95 % du travail et 99 % du mérite reviennent à mon Guerrier. Son état s’est grandement amélioré depuis deux semaines, et j’ai l’impression de retrouver l’Homme que j’ai connu… en mieux. Le corps et la tête semblent vivre à nouveau en harmonie et la sérénité l’habite de plus en plus. Mais ma petite contribution m’a faite aussi beaucoup de bien.

«Quand vous changez la façon dont vous regardez les choses, les choses que vous regardez changent.» — Dr Wayne Dyer (oui… encore cette citation!)

Un des aspects de notre situation qui me frustrait le plus était l’impression que je devenais la mère de mon Guerrier. Parce que je devais l’accompagner, l’aider, le surveiller, prévenir les situations à risque, m’occuper de tâches qu’il avait l’habitude de faire, ou lui montrer à nouveau comment en accomplir d’autres. Surtout, je devais répéter sans cesse… Exactement comme avec nos deux princesses… Et Dieu sait que je n’ai pas de patience avec les enfants! Surtout pas de 44 ans! Mais un matin, j’ai réalisé que je pouvais changer ma façon de voir mon rôle dans notre nouvelle dynamique familiale.

J’ai décidé de ne plus me voir comme une accompagnatrice qui materne, mais plutôt comme une coéquipière travaillant main dans la main pour atteindre le sommet de cette nouvelle montagne qui s’est dressée sur notre chemin.

Depuis que nous nous connaissons, mon Amour et moi avons toujours fait équipe face à l’adversité. Et Dieu sait que dès les premiers jours de notre rencontre, la vie nous a mis à l’épreuve! Malheureusement, au fil des évènements et de nos souffrances respectives, j’ai perdu de vue cette force et cette complicité que nous avions. En mars dernier, alors que nous étions à Disney, mes nouvelles responsabilités au sein de notre couple m’ont frappée en pleine face! Voir mon Guerrier complètement désorienté, dérouté par la foule, ça m’a chamboulée. Je pense que c’est à ce moment que j’ai senti mon rôle de conjointe se transformer tranquillement en figure maternelle. La frustration s’est installée… et s’est accumulée.

Heureusement, pendant les vacances de Noël, j’ai eu un éclair de génie et j’ai réalisé que je pouvais changer ma façon de voir les choses. J’ai décidé qu’au lieu d’accompagner mon conjoint dans sa réhabilitation, j’allais maintenant faire équipe avec lui. C’est une subtile différence dans la façon d’aborder la question, mais pour moi elle est significative.

Chaque jour, mon Guerrier nous prouve son courage, la force de sa volonté, et les bénéfices d’avoir l’humilité d’aller chercher de l’aide. Et je fais maintenant équipe avec lui pour réorganiser notre quotidien. Je n’attends pas qu’il se retrouve devant un mur pour l’accompagner vers une solution. Nous mettons plutôt en place des stratégies pour prévenir l’échec et honorer ses forces qui nous sont toujours utiles. Comme le quart-arrière qui remet le ballon au porteur.

Un autre détail qui m’a permis de calmer les vagues d’émotions qui me tourmentaient fut de me donner une autre «mission». Faire quelque chose pour moi, qui n’ai rien à voir avec la famille, notre couple, la vie militaire ou la souffrance physique et mentale. J’ai finalement décidé d’écouter ma voix professionnelle qui me chuchotait à l’oreille de ne pas la laisser tomber, et j’ai lancé le défi «52 semaines pour maitriser vos finances». Ça fait un bien fou de plonger ne serait-ce que le gros orteil dans un univers qui m’appartenait à moi seule, un univers que je maitrise et qui me vient naturellement.

Il y a donc de la lumière au bout du tunnel pour toute la famille! Encore faut-il vouloir marcher jusqu’à elle! Et je suis remplie d’admiration pour mon Chéri qui le fait d’un pas décidé, sans faiblir, chaque jour de sa vie.

Sa détermination, son courage, son humilité en plus d’être un exemple inspirant, font en sorte que notre famille se porte mieux qu’elle ne l’a jamais fait. Oui, il y a encore des montées de lait et des prises de bec. Des moments où je vais m’installer au sous-sol (mon deuxième repaire) pour prendre l’air avec mon oreiller et mon ordinateur. Mais, immanquablement, l’un de nous finit par envoyer un texte à l’autre pour lui dire «! Je t’aime… Tu me manques…» Nous nous échangeons ainsi quelques mots (c’est tellement plus facile de faire la paix et de s’excuser par écrit… pour moi du moins!) jusqu’à ce que l’un de nous vienne rejoindre l’autre dans «ses appartements».

Ou l’un de nous partira marcher le chien afin de prendre l’air, respirer et retrouver ses esprits (c’est généralement la solution de mon chéri parce que je suis frileuse et sortir le soir en hiver ça ne me tente pas trop…).

Alors oui il reste des moments de frictions, comme nous en avons toujours eu de toute façon! Mais l’ambiance est maintenant paisible et harmonieuse. Médicaments? Thérapie? Machine contre l’apnée du sommeil? Horaire allégé et processus de libération? Aucune idée de ce qui a vraiment transformé mon Guerrier. Je pense que c’est lui-même qui l’a fait, supporté par tout le reste. Et chaque jour, je remercie le ciel de l’avoir retrouvé et surtout, j’admire tous les efforts qu’il fait pour s’en sortir et revenir vers nous. Il s’attaque aux conséquences des TCC et du PTSD comme il menait ses missions militaires. Avec détermination et beaucoup de succès!

La preuve que ça marche? Je n’ai pas hésité à lui téléphoner en panique ce matin parce que notre cuisinière au gaz s’allumait toute seule! J’ai toujours été très autonome et indépendante. Je demande très rarement de l’aide à quelqu’un d’autre, même mon propre conjoint. Et quand un problème survient à la maison, je suis généralement capable de me débrouiller toute seule (parfois grâce à Google!). Mais tout ce qui fonctionne au gaz me fout la trouille! Ce matin, j’étais assez en confiance pour appeler mon chevalier à la rescousse! Pour me faire dire de mettre le breaker à off en attendant de trouver une solution ou de contacter un technicien… Mon héros!

«Aujourd’hui je choisis de vivre dans la lumière de mes espoirs plutôt que dans l’ombre de mes doutes.» — Ray Davis

Nous avons tous nos propres défis à relever, et devons tous trouver notre propre chemin vers la lumière. Ce qui peut être difficile quand on s’imagine que ça ne changera jamais, que ces nuages représentent notre nouvelle réalité. J’ai appris que ce qui fonctionne pour moi se résume en quatre mots : OBJECTIF, ATTITUDE, ACTION et ESPOIR. Me fixer un objectif, porter attention à mon attitude, passer à l’action et m’inspirer de modèle qui me redonnent l’espoir, me ramènent dans le droit chemin. Selon les situations, celui-ci sera plus ou moins long… Mais la récompense? Une transformation personnelle, un quotidien plus harmonieux, en ligne avec mes propres valeurs.

Merci mon chéri. Merci pour tout ce que tu fais pour toi, mais aussi pour nous. Merci de marcher à mes côtés. Avec ou sans le chien… 😉   

Je t’aime

xxx         

Pour lire la suite : Ne pas s’oublier!

Lyne
Maman, spécialiste en finances personnelles, blogueuse.

13 Comments

  1. Superbe lyne : pleine de courage et de détermination et tu as raison que parfois pour changer une situation il faut aussi changer sa persécution. Pour toi : tu n’as jamais songé à essayer de lancer ton business pour avoir le job qui te colle à la peau, ce que tu aimes faire ? Un truc pour toi ?

    1. Merci Isabelle! 🙂
      J’aime aider les gens avec leur budget personnel, mais j’ai un problème à faire payer quelqu’un qui a déjà des problèmes financiers… 😉 J’aimerais pouvoir le faire virtuellement pour un organisme à but non lucratif! 😀

  2. Un texte positif et inspirant! Juste un changement de perspective et on sent votre brise d’air frais! Merci de partager avec nous.

  3. Merci Pour ce partage! Ca me rappelle des souvenirs ou c’était très intense avec mon militaire 🙂 après son accident. Encore aujourd’hui, après presque 10 ans, il y a des hauts et des bas. Mais comme tu le dis, en voyant les choses sous un autre angle et en prenant du recul on peut arriver à passer au travers. Courage mes amis! Comme on dit l’union fait la force😉

    1. C’est vrai que le combat n’est jamais complètement terminé… heureusement, les éclaircies sont de plus en plus longues! Bon courage à toi aussi! 😀

  4. Merci pour ce partage qui tombe au bon moment pour moi, et mes moments de doutes ici … Dans ce nouveau pays ! En effet… Prendre du recul, et regarder sous un angle différent … 😉😉😉 merci Lyne !!!

    1. C’est difficile les premiers mois! Surtout quand on laisse tout derrière, ce que je n’ai pas eu à faire… mon expatriation était temporaire et « encadrée ». J’espère que le recul te permettra de retrouver ton élan pour vaincre les difficultés et pleinement apprécier ton nouveau pays! 🙂 xo

  5. Ce texte me touche profondément car depuis que la douleur neuropathique fait partie de ma vie, notre couple a tangué un bon coup avant d’arriver à s’ y ajuster. La communication et l’amour nous a permis de recomposer notre équipe de couple. Avec la commotion de la puce, on a pu en constater les fruits.comme l’homme est diabétique depuis ses 15 ans, on est pas la famille la plus en santé au monde mais on est une vraie équipe qui traverse les épreuves.

    J’imagine la difficulté que vous vivez et avez vécu. Mais vous semblez aussi avoir a coeur cet esprit d’équipe qui fait qu’on est plus fort ensemble que seul. En équipe d’amour, je veux croire que tout est possible. On peut même déplacer des montagnes! 😉

    Est-ce que ses séquelles de « commo » sont irréversibles? Je vis depuis mes 13 ans avec les séquelles d’un accident qui m’a paralysée un an durant (trauma crânien, hématome au cerveau, cervicales fêlées et duremère sectionnée). Depuis cinq ans, je vis avec séquelles neuropathiques d’une paralysie faciale. Je sais trop bien ce qu’il en est de vivre sa vie en séquelles. Plein de pensées positives à vous deux 🙂

    1. Tu as tout a fait raison : le plus important c’est l’amour! Depuis que nous sommes ensemble, mon Guerrier et moi avons traversé plusieurs épreuves. Nous avons toujours fait équipe, et aujourd’hui ça nous sert bien. Grâce à notre « histoire », et à la complicité que nous avons développée, nous savons que nous sommes fait assez forts pour passer au travers, que c’est plus facile à deux et que notre amour nous soutiendra. C’est réconfortant lors de périodes plus difficiles. 😉

      Certaines séquelles de ses commotions sont irréversibles. Heureusement, le cerveau est une merveilleuse machine et il offre un nouveau chemin pour permettre de nouvelles connexions. Par contre, pour que ça fonctionne les conditions doivent être gagnantes… entre autre, être capable de faire de l’exercice physique. Ce que les douleurs chroniques ne permettent pas toujours… Il faut y aller un jour à la fois, et savourer chaque victoire ou chaque pas vers l’avant. Ce que tu dois faire aussi, j’imagine, avec les propres séquelles qui t’affligent!

      Merci pour ton commentaire et tes pensées! 🙂

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