Just Fake It!

Vous vous souvenez que nous avons « sauté » la parade de Noël cette année? Qu’en conséquence, j’ai dû assister à la visite du père Noël à l’école des filles? Que ce fut un succès?

Parce que tout est une question d’attitude… et que parfois, il faut faire semblant!

C’est évident que nous avons évité la parade parce que « ça ne me tentait pas ». J’avais de « bonnes » raisons de me sentir ainsi (enfants fatigués, horaires chaotiques depuis plusieurs jours, besoin de relaxer). Mais j’avais aussi une moins bonne raison. Une raison légitime, normale, même légale! Le fameux « parce que ».

Malheureusement, cette excuse ne peut pas toujours servir. Parfois, il faut faire un effort… même si ça ne nous tente VRAIMENT pas. Et c’est là que je chante dans ma tête Fake it de Seether.

Fake it!

Parfois, j’oublie.

Samedi matin, c’était le début de notre calendrier de l’avent. Et je n’ai pas fait semblant. Je n’étais pas de bonne humeur, alors je me suis assuré que tout le monde le savait! La nuit avait été courte. Les filles étaient excitées d’ouvrir l’enveloppe, mais prenaient l’activité comme acquise. Je n’ai pas apprécié leur attitude et leur manque de reconnaissance pour tout le travail que je m’étais donnée pour faire le %$#?$% de calendrier à temps pour le 1er décembre. Pour trouver 24 activités qu’elles aimeraient et qui seraient significatives. Je voulais rester au lit. Je voulais dormir. Je n’avais pas envie de faire un méga déjeuner.

Alors je me suis assurée d’être la plus naturelle possible. C’est à dire en beau Ta?$%#&$?.

Et, ça a fonctionné! Tout le monde a su que j’étais de mauvaise humeur et frustrée. Les filles se sont excusées de leur attitude. Elles m’ont même affirmé qu’elles étaient heureuses du déjeuner spécial. Tout le monde a dit ce qu’il fallait… sincère ou non.

J’avoue que c’est ce que je trouve le plus difficile avec les enfants c’est l’ingratitude. Le manque de reconnaissance et parfois d’enthousiasme. Et, le fait qu’ils ne réagissent pas comme JE voudrais… Mais des enfants resteront des enfants, il faut l’accepter.

And move on.

And fake it!

Rassurez-vous, le déjeuner n’a pas été un désastre complet! Les filles sont allées jouer au sous-sol pendant que je préparais les « pancakes de Noël ». Elles ont manqué le massacre d’une dizaine d’entres elles parce qu’y’a de ces matins où rien ne marche. Elles ont manqué le flot d’injures que je leur ai lancé parce qu’elles refusaient de garder leur forme (les pancakes… pas les filles). Elles ont raté le sourire en coin de mon Amour et sa fuite vers l’épicerie pour aller chercher les ingrédients manquants (de la crème fouettée faite avec DE LA VRAIE CRÈME). Elles sont revenues juste à temps pour mon léger changement d’humeur, et ma transformation en maman relativement enjouée.

J’ai donc été « intègre » (tout le monde a su que j’étais de mauvaise humeur). Nous avons quand même partagé un beau moment et les filles ont apprécié le déjeuner (mes montées de lait ne durent jamais longtemps). Mais est-ce que tout ce drame était nécessaire? Pas vraiment…

Alors la prochaine fois, je ferai semblant. Comme lors de la visite du père Noël. Où, avant d’entrer dans l’école, je me suis rappelé à quoi ça allait ressembler. J’ai confronté mon image irréaliste de maman naïve, à celle plus réaliste qui m’attendait :  des enfants qui crient et courent partout. Des ballounes qui pètent continuellement. Des files interminables pour voir le père Noël, se faire maquiller, obtenir une balloune transformée en whatever. Probablement du monde qui allait s’insérer hypocritement dans la file. Un ou deux dégâts de jus. Un plancher collant. Des graines de biscuit sur la robe au moment de prendre LA photo sur les genoux du père Noël. Mais, il fallait y aller. Tout ça arriverait de toute façon. Que j’aime ça ou non. Que je sois d’une humeur massacrante ou non. Et mon attitude était la seule chose que je pouvais contrôler.

Alors j’ai mis mon masque de maman caillou (un gros 10 % mettons). Je me suis mis un faux sourire dans la face, et je suis rentrée dans l’école. J’ai beurré épais jusqu’à ce que je me crois moi-même. Jusqu’à ce que j’embarque dans le jeu.

C’est clair que je moi-même je ne croyais pas à mon sourire. C’est encore plus clair que mon Amour se serait marré s’il avait été là pour le voir! Mais les filles n’ont rien vu. Et, après 2 minutes, même moi j’y ai cru. Et la journée a été sauvée.

J’ai vu des parents exaspérés sourire involontairement devant mon grand sourire joyeux. Alors que l’an dernier nous avions tous bitché en coeur, cette année, même si aucun mot n’a été échangé, des regards entendus ont été échangés, mais avec une étincelle espiègle dans le regard. Les enfants se sont amusées, et le temps a passé vite.

Je sais, c’est une attitude que tous les parents du monde adoptent depuis probablement des millénaires. C’est possiblement le secret le mieux gardé du monde… et celui qui fait en sorte que la race humaine a continué à s’agrandir. Mais elle est à des lieux de mon tempérament naturel qui est plutôt « What you see is what you get ». Je n’ai pas l’habitude de mettre des filtres. Je n’ai pas l’habitude d’être hypocrite. Et « faire semblant » est pour moi très proche de l’hypocrisie… alors j’ai un petit conflit moral avec moi-même… mais, c’est une stratégie de survie.

Alors maintenant, quand la vie familiale me met devant une « épreuve » inévitable, je fais semblant. Pour deux minutes.

Ce matin, c’est le jour deux du calendrier. Je me suis couchée trop tard, encore une fois, et la nuit fut trop courte. J’ai toujours autant envie de rester au lit à m’amuser avec les filles plutôt que me taper toutes les décorations de Noël. Mais il faut ce qu’il faut. Et, quand les filles ouvriront la fameuse enveloppe contenant le message « Allons chercher un sapin de Noël », je vais faire semblant d’être hyper excitée! Je vais faire semblant d’être enthousiaste à l’idée de sortir 30 boites du garage, répandre le contenu dans le salon, placer les décorations. Entendre les filles se chamailler pour placer une décoration en particulier alors que nous en avons 300. Sourire à l’idée de repasser la balayeuse pour une troisième fois cette semaine. Et chanter à répétition dans ma tête Fake it. Jusqu’à ce que j’y crois.

Je suis certaine qu’après 15 minutes, peut-être même juste 10, je vais me prendre au jeu et avoir du plaisir.

 

Et, si ça ne marche pas, je pourrai toujours me préparer un bon martini!

 

Lyne
Maman, spécialiste en finances personnelles, blogueuse.

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