Finalement, les activités aussi doivent s’adapter!

Je vous parlais récemment du budget familial qui devait s’adapter à une nouvelle ville de résidence. Aujourd’hui, ce sont les activités récréatives des enfants qui suivent le pas !

Déménager à répétition nous permet d’élargir nos intérêts et nous offre souvent des opportunités qui étaient moins accessibles ou inexistantes ailleurs. L’expérience du passé, d’un autre côté, nous permet de porter un jugement différent sur une situation locale et crée certaines attentes parfois incompatibles avec une nouvelle réalité.

À Trenton, j’étais heureuse d’offrir à nos deux filles d’essayer l’équitation. Sofia, passionnée de chevaux, réalisait ainsi un rêve entrainant avec elle sa petite sœur, très fière d’en profiter.

À l’annonce de notre mutation en Nouvelle-Écosse, l’une des premières questions de notre ainée fut : « Est-ce qu’ils ont chevaux là-bas ? ». C’était clair que nos deux puces étaient inquiètes de devoir abandonner leur loisir préféré. Ma première mission de Maman qui veut assurer une réinstallation sereine et agréable pour tout le monde fut donc de leur trouver centre équestre. Généralement, le maintien des activités préférées des enfants est la clé qui leur permet de s’intégrer et d’apprécier plus rapidement leur région d’adoption.

Après quelques recherches et grâce à l’aide de la famille, nous avons assez facilement trouvé une nouvelle place pour faire de l’équitation. Nous avons visité les installations et nous sommes tout d’abord tombés sous le charme de l’endroit. Mais la barre était haute… Après plus d’un an de leçons dans des conditions qui nous convenaient parfaitement notre regard était plutôt critique, et nos attentes assez élevées. Après un mois de cours, nous nous sommes finalement rendus à l’évidence que la marche est trop haute pour être gravie si peu de temps après avoir quitté le paradis équestre des enfants. Ce n’est pas que la nouvelle école soit mauvaise ! C’est juste qu’elle ne nous convient pas aujourd’hui. Les filles sont mal à l’aise, j’ai quelques réserves et comme nos sentiments sont unanimes, on ne peut les ignorer.

Vendredi, Sofia me demandait (me suppliait pratiquement) de ne pas aller à ses cours. Je lui ai offert un compromis : on y va, on se donne tous une dernière chance, on avise ensuite.

Malgré tout, en mettant les pieds dans l’écurie (pourtant superbe, propre, avec de beaux chevaux, des poules et deux chiens affectueux) elle me disait : « Non maman ! Je ne suis pas bien, je veux prendre un break. »

Les dés étaient jetés : fini les cours d’équitation pour le moment. Audrey trainait déjà un peu de la patte alors elle ne s’est pas fait prier pour se ranger du côté de sa sœur.   

Une petite (toute petite) partie de moi a tout de même vécu un bref (très bref) malaise (vive l’ambiguïté maternelle !). Je veux enseigner à mes filles la persévérance. Je veux leur apprendre que lorsqu’on commence quelque chose on le finit, et qu’il ne faut pas laisser certaines contrariétés nous empêcher de poursuivre une passion ou un objectif. Par contre, c’est encore plus important pour moi de leur apprendre à écouter leur voix intérieure. Leur gut feeling. Comme on parle ici d’enfants qui sont mal à l’aise dans une situation, qui n’ont plus de plaisir à s’adonner à une activité qui les passionnait auparavant, le message est cependant clair ! Leur intérêt ne s’est pas brusquement volatilisé parce qu’elles ne se trouvent plus assez bonnes, ou parce qu’elles ne veulent pas fournir les efforts nécessaires pour réussir. Le problème est ailleurs.

Cette situation nous a permis d’effleurer l’idée de faire la différence entre la voix de l’ego et celle de notre cœur. Mais surtout, elle nous a donné l’occasion de montrer aux filles que maintenir la stabilité peut être une option… mais qu’il faut aussi être réceptifs aux nouvelles opportunités et savoir mettre le tout en perspective. Ne pas rester attacher au passé, apprécier la chance d’avoir pu exploiter les ressources qui s’offraient à nous, garder l’esprit ouvert, et lâcher prise plutôt que supporter un inconfort juste parce dans d’autres conditions c’était la réalisation d’un rêve. Bref : vivre le moment présent. (Ouf ! Bien des trucs à assimiler juste pour abandonner un simple cours !)

Les enfants étant des enfants, elles étaient déjà prêtes à sauter dans une nouvelle aventure ! De mon côté, j’avoue que l’idée de mener une petite vie paisible sans obligations ni routine me plaisait énormément (je récupérais enfin mes vendredis soirs) ! Mais, je veux aussi permettre à mes filles de se réaliser, de tenter de nouvelles expériences et d’explorer d’autres passions (et ce ne sont pas les idées qui manquent !).

Après quelques heures de recherche, de consultation auprès d’autres mamans, et d’échange de courriel, le sort de nos deux princesses était réglé : Audrey reprendra les cours de ballet qu’elle me demandait depuis des mois et Sofia commencera des cours d’arts, une autre passion qui l’anime depuis longtemps. Comme par hasard, même si la période d’inscription est terminée, les deux studios ont encore de la place, ils sont situés à 5 minutes de la maison et proposent un horaire qui nous convient.

Encore une fois, les petites lucioles nous montrent le chemin vers le bonheur. Et nous verrons au printemps si elles nous ramènent (ou non) vers celui des écuries. En attendant, les filles expérimenteront quelque chose de nouveau et se découvriront peut-être de nouveaux talents !

🙂

Lyne
Maman, spécialiste en finances personnelles, blogueuse.

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