Expat ou non?

Quand nous avons été mutés aux États-Unis, nous sommes devenus des expatriés (ou expats). Je regardais mon nouvel environnement avec une vision différente, une curiosité plus aiguisée. J’essayais de tout capturer, de comprendre les subtilités des relations sociales et des tensions raciales. Je cherchais à voir au-delà de la façade touristique, avec l’intérêt d’un étranger bénéficiant du statut privilégié de résident.

De retour à Québec, de retour en terrain connu, j’ai retrouvé mon regard de « local ». Malgré ma propre évolution, malgré les expériences ramenées dans mes bagages, j’ai repris l’attitude de résidente légitime par droit de naissance.

Nous sommes maintenant en Ontario, mais toujours au Canada. Techniquement, je ne suis donc pas une expat. Toutefois, une Québécoise demeurant dans une province anglophone peut parfois se sentir en terre étrangère, non pas d’un point de vue politique, mais sociologique!

Je suis fière d’être Canadienne, tout comme je suis fière d’être québécoise (enfin, pas toujours, mais souvent). Et comme cet Américain qui m’expliquait que les États-Unis sont en fait composés de « 50 États, 50 pays », je crois que chaque province canadienne est aussi unique en son genre. D’autant plus qu’on ne peut nier les différences qui existent entre les deux peuples fondateurs!

Mais au-delà des différences entre Francos et Anglos, ou entre Québécois et Ontariens, il y a l’attitude d’expatrié. Cette curiosité, cette soif d’apprendre, de comprendre, d’explorer qui vient avec le sentiment d’être d’ailleurs, d’être de passage et de vouloir retirer le maximum d’enseignement de notre expérience.

J’adore cette vision du monde des expats! Avec tous les déménagements que nous impose notre statut de famille de militaire, j’aime voir chaque nouvelle « destination » comme une aventure en terre étrangère. Pour moi, c’est une façon de rendre l’expérience plus excitante et de stimuler ma curiosité intellectuelle.

Alors oui, je suis une Canadienne qui vit au Canada. Mais je suis aussi une expatriée au coeur de mon propre pays. Et je vois ça comme un avantage, comme le meilleur des deux mondes… en attendant de revivre LA vraie sensation 😉

Lyne
Maman, spécialiste en finances personnelles, blogueuse.

8 Comments

  1. Je suis d’accord avec toi. J’entrevois mon éventuel déménagement en Ontario comme une expatriation. Moins glamour que Londres, mais ce sera la même expérience de vouloir rester à l’affût de la différence et de la nouveauté. Enfin, tu décris le tout mieux que moi! — Et ou’ serait pour toi LA vraie sensation? En Europe?

    1. J’aimerais beaucoup l’Europe! La France, l’Italie, la Norvège, l’Angleterre même si comme plusieurs les nuages me rebutent un peu… 😉 J’aimerais bien retourner aux États-Unis, destination plus probable… L’Afrique, l’Australie et la Chine (c’est permis de rêver!) seraient drôlement intéressant aussi! 🙂

      Tu vois, je croyais ne pas être trop dépaysée aux États-Unis. Et pourtant, j’y ai vécu des expériences extraordinaires qui m’ont fait sentir très loin de ma réalité. 🙂

  2. À Whitby, fort probablement, selon nos recherches préliminaires. En banlieue de Toronto, en tout cas. On devrait savoir fin avril si mon mari est engagé par une compagnie basée au centre-ville de Toronto. On se croise les doigts!

  3. C’est exactement cela : ma voisine vient de me dire que je connaissais plus de choses qu’elle ici! Les gens nous regardent bizarrement quand on leur parle de nos voyages aux states … Et quant à mon propre pays, la France, j’ai de plus en plus de mal à y retourner et surtout à reconnecter : , je suis devenue étrangère chez moi … Je ne rentre pas cet été et ça ne me manque pas …

    1. Après avoir vécu à l’étranger ou « ailleurs », on ne voit plus notre ancien lieu de résidence avec les mêmes yeux. Et c’est bien vrai que ceux qui n’ont jamais vécu ailleurs nous regardent étrangement… et portent parfois des jugements qui nous font sourire… 😉

      Merci à vous deux pour votre commentaire! Je me sens moins marginale de penser ainsi 😉

Laissez un commentaire.

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueueurs aiment cette page :