Être l’artisan de son malheur?

C’est peut-être extrême comme constat dans cette situation précise, mais je me pose la question. Je ne suis pas la fan #1 de l’Halloween. J’ai réalisé cette année que j’aime décorer (je peux renouveler mon environnement sans déménager), et j’aime vraiment creuser des citrouilles. Mais je trouve que les attentes sont très élevées pour un évènement de 2 heures. Surtout s’il pleut et vente à écorner les boeufs!

Je réalise que c’est finalement moi qui transforme l’occasion en « pain in the butt ». Les filles ne m’ont jamais demandé de préparer un lunch spécial. Ni un souper thématique. Ni un maquillage digne d’une représentation Holywoodienne! Elles veulent un déguisement et « passer l’Halloween » (lire : aller chercher des bonbons).

Ça pourrait être tellement simple! Alors pourquoi me suis-je embarquée moi-même dans un tel cirque? En Géorgie c’était tout un évènement : mon amie (et voisine) organisait une maison hantée dans son sous-sol, un souper communautaire à la fin des classes, une méga pinata et une chasse aux bonbons. Sans compter la tradition que j’aimerais voir arriver en Ontario « You’ve been ghosted ». C’était absolument fantastique!

Je trouvais son enthousiasme et le résultat inspirants. Mais nous avons quitté Columbus et nos « Halloweens » n’ont jamais approché cette envergure. De plus, les filles étaient beaucoup trop jeunes pour se souvenir de ce qu’ils avaient déjà été… Pourquoi je n’ai pas sauté sur l’occasion pour simplifier les choses?

Aucune idée… J’ai manqué de perspective, j’ai conservé le souvenir du plaisir des enfants, de la « possibilité » d’en faire tout un évènement, et j’ai continué à surfer sur le sable, bien après que la vague soit morte…

Il y a aussi le fait, non négligeable, que j’aime mettre de la magie dans la vie de nos filles. J’aime voir leurs yeux s’illuminer sur un détail qui sort de l’ordinaire, qui transforme notre quotidien. Notre vie est loin d’être banale, mais j’aime réussir à surprendre et susciter du plaisir, des rires et de beaux souvenirs. La vie de famille de militaire a des côtés excitants, mais impose aussi bien du stress et des deuils à nos enfants. J’imagine que j’essaie de compenser, à ma façon, les trucs moins plaisants que nous leur imposons.

L’an prochain ce sera difficile de revenir en arrière. D’envoyer mes filles à l’école avec une sandwich de pain brun, ou une salade de légumes… sans fantômes, ou trucs macabres… Ou les accueillir au retour de l’école avec des clémentines et un verre de lait (peut-on avoir un mélange moins harmonieux?).

Mais leur manque d’enthousiasme de cette année, leur attitude « c’est la norme » m’amènent à tout repenser. Désintérêt total pour les dents en pommes et guimauves, et à peine un regard pour les balaies de fromage et pretzels… Pourtant, à entendre les filles il y a quelques jours à peine c’était le « top du top ».

Alors elles sont déjà prévenues que l’an prochain les surprises seront limitées. Et que leurs souvenirs, elles les puiseront dans leurs expériences de 2012 et 2013.

Et voici quelques détails qu’il faut absolument que je retienne, même avec une version simplifiée :

  1. TOUJOURS faire 45 minutes de yoga et prendre une longue douche chaude AVANT de réveiller les filles.
  2. S’assurer d’avoir tous les ingrédients nécessaires pour préparer un martini. Ou deux.
  3. Boire un premier martini (et préparer le deuxième) AVANT que l’on commence à sonner à la porte… parce qu’après ça devient difficile de faire quoi que ce soit, qui demande plus de 2 minutes d’attention.
  4. Me rappeler que malgré tout ce que je fais pendant des jours et des jours, ça demeure une fête d’enfants! Et que ce que je crois qui serait parfait comme maquillage pour un vampire n’a aucune espèce d’importance si ce n’est pas moi le vampire
  5. Finalement, le SEUL but de l’Halloween, aux yeux d’un enfant de 8 ou 5 ans c’est ramasser des BONBONS!!!!

J’ai essayé fort, fort, fort cette année. J’avais même une fée pour m’aider à me mettre dans le bon état d’esprit! Mais après toutes ces années et ces tentatives je dois me rendre à l’évidence : je n’aime pas l’Halloween. Sauf le 27 octobre 2006. En Géorgie. Au coeur du Beaver Club. THAT was Halloween!

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Lyne
Maman, spécialiste en finances personnelles, blogueuse.

7 Comments

  1. Moi, j’adore l’Halloween qui amène tout le quartier à la porte, qui rend la rue en fête et j’aime les sacs débordants de bonbons que l’on partage en famille (parfois à l’insu des enfants!!!), mais je ne décore pas la maison ni ne fais d’aliment spécial ni ne maquille les enfants, parce que ça ne m’allume pas du tout, du tout. Mes filles de 4 ans ont décoré toutes seules, car elles y tenaient. (On décore quand même des citrouilles, mon mari est un excellent sculpteur!) Bref, sens-toi bien à l’aise de prendre ça relax l’an prochain, je pense que tu as raison: l’important, ce sont les bonbons! lol

    1. J’aime aussi voir tous les petits monstres venir sonner à la porte et découvrir tous les costumes « de l’année » 🙂 Alors oui, l’an prochain ce sera déguisement et bonbons. J’ai presque hâte 😉

  2. Ici la mode est plus ou moins passée… Et j’en suis soulagée! Cela ne reposait sur aucune tradition. C’était surtout commercial… Cette année aucun des miens n’a été invité à une tournée de bonbons et personne n’est venu sonner à la porte.

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