Astérix chez les Pictes

Je participe très rarement aux concours, que ce soit sur Facebook, Twitter ou les blogues, alors je gagne pratiquement jamais (à une exception près!). Mais je n’ai pu résister au concours de Maman 24/7 qui faisait tirer dernièrement sur sa page Facebook le plus récent album d’Astérix : Astérix chez les Pictes. Il s’agit de ma série de bandes dessinées préférée, naturellement impossible à trouver en français à Trenton. Et si j’adore les livres numériques, je n’ai pas encore réussi à m’adapter aux BD numériques. J’étais donc particulièrement heureuse d’apprendre que j’étais la grande gagnante!

Astérix chez les Pictes

La particularité de cet album c’est que c’est le premier écrit et dessiné par un nouveau duo. Et c’est ce qui a fait que j’ai attendu quelques semaines avant de le lire… je craignais de briser la magie de l’univers Goscinny-Uderzo.

Est-ce que nos Gaulois sont toujours aussi drôles et bagarreurs? Presque! En résumé : j’ai aimé ma lecture… mais je suis restée sur ma faim.

Tout d’abord, les dessins. Dès la première page, j’ai retrouvé mon univers familier tel que dessiné à l’origine par Uderzo. Mais après une première lecture, je suis restée avec l’impression qu’il y avait moins de détails. Dans les albums précédents, j’aimais me perdre dans le village Gaulois, observer les relations entre les personnages secondaires qui interagissaient en arrière-plan, visiter la hutte de Panoramix ou explorer les forêts remplies de sangliers. En refermant le livre, je suis restée avec l’impression que même la poissonnerie d’Ordralfabétix était moins garnie qu’à l’habitude.

Les textes… Si vous n’avez jamais lu d’Astérix, vous allez adorer! Vous retrouverez les caractéristiques les plus connues : jeux de mots pour les noms, humour, personnages principaux au caractère bien campé. Mais si vous êtes un habitué, vous serez peut-être un peu troublés.

Deux points m’ont particulièrement marquée :

Premièrement, quand Obélix part à l’aventure avec le Picte, il laisse derrière lui Idéfix, son fidèle compagnon! Habituellement, il fait des pieds et des mains pour justifier la présence de son chien à ses côtés, et est même déjà allé jusqu’à le cacher dans ses bagages! Un comportement contre nature qui m’a déboussolée (et qui serait causé par la difficulté à dessiner les expressions typiques de ce personnage canin).

Deuxièmement, les tensions entre Astérix et Obélix. Si Obélix a toujours été soupe au lait, rarement ai-je vu autant d’échanges en caractère gras entre des deux amis! Même s’ils se sont toujours chamaillés un peu, disons que dans cet album l’animosité grimpe d’un niveau. J’imagine qu’en vieillissant, Astérix fait preuve de moins de patience… C’est ridicule, mais je suis restée avec un sentiment d’inconfort.

En général, j’ai aimé la modernisation des noms qui conservent leur double sens (Mac Robiotix ou Bug, le dieu des virus). Mais si le scénario est classique, il est un peu simpliste et j’ai regretté la finesse de l’humour de Goscinny. Tout reste en surface, les personnages secondaires (ici les Pictes) ne sont pas aussi attachants et n’ont pas la profondeur des Helvêtes ou des Goths (mes préférés!). Disons que Mac Oloch est loin d’avoir la personnalité de Goudurix ou même de Dactilograf de l’album Astérix et les Normands! Dans la description des Écossais, je n’ai pas trouvé non plus toutes les subtilités historiques et sociales des autres peuples présentés dans les albums précédents comme Astérix chez les Bretons. Et s’il y avait bien quelques allusions à certains problèmes sociaux, je n’ai pas retrouvé la profondeur caractéristique de la série. On fait quelques clins d’oeil, mais ils ne font pas partie de la trame de fond… que je cherche toujours d’ailleurs.

Bon, j’ai l’air extrêmement sévère dans mon jugement… Il s’agit d’un bon album qui mérite sa place dans ma collection! Je n’ai pas lu Le Ciel lui tombe sur la tête où Uderzo signait textes et dessins, et qui s’est fait ramasser par la critique, alors peut-être que celui-ci est un moindre mal. Peut-être aussi que ce 35e numéro est le reflet de nos produits de consommation actuel : il répond à notre besoin de distraction et de nouveauté, mais manque de finesse, de détails. Il comble un besoin immédiat, parfaitement conscient qu’il ne fera pas l’Histoire. De toute façon, aujourd’hui, qui s’en soucie? Peut-être aussi que la différence vient de l’intention derrière l’écriture… J’ai comme l’impression que si nous pouvions interroger les deux scénaristes (Goscinny et Ferri), nous aurions deux réponses très différentes à cette question!

Mais je suis optimiste. L’équipe que formaient Goscinny et Uderzo est difficile à remplacer! Il s’agit d’icônes dont la chimie créatrice était tout à fait exceptionnelle. Je suis certaine que l’équipe actuelle évoluera et peaufinera son talent pour nous présenter éventuellement un excellent produit digne de ses prédécesseurs.

Alors malgré mes critiques, je vais le relire et je serai la première à acheter (ou essayer de gagner) le prochain album! 😉 En attendant, je vais me replonger dans mes vieux albums et revivre quelques aventures de mes deux Gaulois préférés.

Lyne
Maman, spécialiste en finances personnelles, blogueuse.

8 Comments

  1. Chère French Lily,
    Je viens de lire ton billet, en direct de la Gare d’Ottawa en route pour le retour à Kingston, et combien intéressant cela fut.
    Merci de donner tes impressions pertinentes et si bien détaillées : cela me donne le goût de relire mes vieilles bandes dessinées et d’en découvrir de nouvelles! 😉
    Lucie

    1. Ça me fait plaisir chère Lucie 😀 Merci à toi pour ton commentaire juste à point, comme toujours, alors que je me demandais si c’était pertinent de donner mes impressions sur mes lectures. Je te souhaite bonne route et bonne lecture!
      xo

  2. bon ben je crois que c’est clair…..nous qui sommes fans de BD n’achèterons pas celui-la je pense…deja avant ton billet Monsieur Mon Mari ne voulait pas…la c’est fichu pour Asterix nouvelle version !
    j’aime beaucoup tes prises de position ! au moins c’est clair,

    1. J’espère que le prochain sera meilleur… j’imagine qu’ils vont tenir compte des critiques… Ce qui me surprend, c’est que Uderzo supervisait la production de cet album…

  3. Tu es courageuse! Mes parents me l’ont amené dans leur bagages et je n’ai pu lire que les deux premières pages pour en arriver à la conclusion que seuls Uderzo et Goscinny peuvent faire vivre Astérix et Obélix. Il paraitrait que des soucis d’argent et des querelles de familles ont poussé les héritiers à faire cet album. Ils auraient pu s’en passer.
    Hergé est mort et Tintin avec lui. Peut-être aurait-il du en être autant pour Astérix?

    1. Je pense aussi qu’Astérix aurait peut-être dû « mourir » avec Goscinny… Le beau côté c’est que ça nous fait redécouvrir les vieux albums! Comme Uderzo supervisait la réalisation de cet album-ci, je croyais que ce serait de meilleure qualité… dommage!

Laissez un commentaire.

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueueurs aiment cette page :