Un miracle, tout simplement! 

Je ne savais pas si je devais aborder le sujet ou non sur mon blogue. Non pas que ce soit un secret, mais plutôt par pudeur, car les circonstances et les conséquences touchent l’Homme de ma vie plus que moi… même si par la bande, toute la famille est profondément affectée.

Soucieuse de relater notre histoire familiale, je ne pouvais toutefois passer sous silence un évènement aussi marquant. Un évènement dont les répercussions ont déjà un impact sur notre quotidien. Peut-être expliquera-t-il certains de nos futurs choix, ou de nos prochaines aventures… mais il marque surtout le début de quelque chose de nouveau. Une croisée des chemins. Pour mon Guerrier. Pour notre couple. Pour notre famille. Et nos filles devront un jour connaitre les détails de cette histoire, de même que son incidence sur leur vie. 

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Le 25 juillet dernier, notre Guerrier a été victime d’un accident de parachutisme alors qu’il sautait avec son rucksack (son sac à dos militaire pesant 60 livres) et son fusil. 

Lors de sa sortie de l’avion à 12 500 pieds dans les airs, dès l’ouverture automatique du parachute, son rucksack qui était entre ses jambes est remonté au-dessus de sa tête, le faisant basculer la tête en bas! Dans la mêlée, son corps s’est glissé entre le cordage qui relie le harnais au parachute, les cordes emprisonnant son bras droit au passage.  

Chutant à 150 km/h, se rapprochant du sol à une vitesse vertigineuse, le bras droit complètement immobilisé par 37 tours de cordes, il ne pouvait plus atteindre la deuxième poignée qui lui aurait permis de détacher complètement son sac à dos ni celle permettant de se débarrasser de son parachute principal qui n’était que partiellement ouvert! Mon Guerrier devait lutter contre la panique, conserver toute sa lucidité pour évaluer froidement les solutions possibles. 

À 8 000 pieds du sol, il a choisi de déployer son parachute de réserve. En plus de se retrouver avec deux parachutes ouverts en même temps, au moment du déclenchement, sa réserve s’est brutalement enroulée autour de sa cage thoracique, compressant les poumons et l’empêchant de respirer!

Imaginez une poupée de chiffon, se dirigeant fatalement vers le sol la tête en bas, deux parachutes ouverts, dont un, partiellement. Sept fois, les parachutes se sont positionnés de chaque côté de son corps plutôt qu’au-dessus (ce qu’on appelle communément un down plane). Une personne dont le parachute s’ouvre sur le côté descend comme une torche ou en spirale à une vitesse vertigineuse!

Une chute qui dure habituellement 16 minutes n’a duré que 3 minutes! À l’arrivée au sol, la vitesse d’impact fut évaluée à 80 km/h, vitesse à laquelle il a fracassé la Terre… en pleine face! 

Sur place, aucun témoin n’imaginait mon Guerrier encore vivant! Dans ce genre d’accident, une personne meurt généralement d’une crise cardiaque avant même de toucher le sol, conséquence d’une descente trop rapide pour le corps ou l’esprit humain. Sinon, c’est l’impact qui ne pardonne pas.

Pourtant, mon Guerrier avouera avec stupéfaction qu’il a eu un atterrissage plus « doux » que bien d’autres qu’il a fait dans le passé!

Il s’en est pourtant fallu de peu : faute de pouvoir diriger ses parachutes et porté par le vent, sa zone d’atterrissage était entourée d’une carrière, d’une autoroute, de fils électriques, de la Baie de Quinte et de résidences civiles… Il a finalement échoué entre deux maisons… dans les herbes hautes. Complètement conscient.

Malgré son insistance à démontrer qu’il allait bien, et de nombreux arguments affirmant qu’il n’avait rien de cassé (ce qui était vrai), il a immédiatement été conduit à l’hôpital. 

Témoins, experts, sauveteurs, ambulanciers et médecins en sont tous venus à la même conclusion : sa survie tient du miracle. Son bilan de santé tient du miracle : une vertèbre écrasée, deux bursites aux épaules plus un autre trucs que j’ai oublié, et un biscep atrophié. 

Et une vie transformée.

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Pendant toute la durée de la descente, mon Guerrier est resté conscient, discutant même avec les instructeurs au sol.

Passionné de parachutisme, ayant servi à Fort Benning dans une position de parachutiste, maintenant commandant de l’école de parachutisme, il connait les risques et les conséquences de sauter en bas d’un avion. Et l’ISSUE des « bavures ».

Dès le début, il SAVAIT comment ça finirait… Mais jamais il n’a perdu courage ou abandonné l’idée de s’en sortir. 

Même en regardant le sol arriver… 

Pendant 12 500 pieds…

3 minutes de temps…

À 12 500 pieds, il a choisi froidement les gestes à poser, analysant lucidement les conséquences de chacun d’eux. 

À 8 000 pieds, placé devant l’inévitable, espérant ménager le peu d’air que ses poumons réussissaient à filtrer, déterminé à rester conscient malgré la suffocation, il a choisi de « shuter down » son corps, membres par membres, organes par organes, ne préservant que l’essentiel : les poumons, son coeur, son cerveau et son bras gauche. 

Et à 5 000 pieds, il a commencé à prier. 

Les experts vous le diront : personne ne survit à ce genre d’accident. Les « connaisseux » béniront sa « chance ». Tous les autres le savent : impossible d’avoir autant et seulement de la chance. Pas quand tant d’éléments se mêlent ensemble. 

Tout le monde s’entend : « quelque chose » s’est passé entre ciel et terre. 

À 5 000 pieds.

La suite : Destin, télépathie, protection? 

Pour partager ce texte :
French Lily
Maman, conseillère en consommation, blogueuse.

16 Comments

  1. Mektoub… c’était écrit quelquepart… et tant mieux!!!! mon dieu quelle épreuve! après un évènement pareil, j’imagine qu’on profite de chaque moment et qu’on voit la vie différemment!

  2. Il y a des moments qui remettent TOUT en question, toutes connaissances, science, logique, ou croyance. Ton Guerrier a fait preuve d’un sang-froid incroyable, et a eu des “anges” (au sens large et pas forcément religieux) à ses côtés.

  3. ouah .. je me réservais un moment pour lire ton article .. j’en reste complètement choquée pour vous tous.. j’en étais là à lire à bout de souffle pour attendre l’issue. Effectivement, je pense que beaucoup de choses ne vont pas avoir le même impact.. Plein de courage à vous 4 et j’espère que ton homme ne va pas trop souffrir de cette chute… plein de pensées pour toi..(étais tu là ?)

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