Confessions version Slow Blogging

Ça fait un bail, non?

Je dois avouer que c’est toute une libération de ne pas avoir d’horaire de publication, de liste de sujets, d’heures de tombée. Je leur ai accordé trop de place au cours des derniers mois. Et pourtant, personne ne l’exigeait… J’étais esclave de mes propres règles.

En fait, c’est tout ce qui entoure la survie d’un blogue qui me pesait lourdement : 

  • L’obligation d’être très visible sur les réseaux sociaux afin de rappeler aux lecteurs que nous existons toujours. À quelques exceptions près, cette visibilité représente trop de bruits pour très peu de contenu significatif. J’y perdais donc mon âme et mon individualité à être submergée par une vague qui ne me ressemble pas.
  • Le stress de respecter l’heure de tombée de mes textes sur la consommation. Je ne prenais pas nécessairement un grand plaisir à passer mes samedis matin à écrire sur les finances plutôt qu’être avec ma famille. Même si c’est un sujet qui me passionne et que j’adore écrire sur ce sujet. Mais pour répondre à mon besoin d’ordre et d’organisation (dédier une journée à un thème), je m’imposais une règle qui va à l’encontre de ma personnalité (je suis meilleure sous pression et j’ai tendance à procrastiner… je suis donc très inspirée le samedi matin à 5 h!).
  • Les remords de ne pas écrire quand je devrais le faire… (par exemple le lundi pour publier le samedi…). 
  • Le découragement ressenti pendant que je faisais une activité et que je me disais qu’il faudrait que j’en parle (par exemple : aller cueillir des pommes…). Le plaisir de vivre le moment présent était parfois assombri par la tâche d’écriture qui venait avec. Même si j’adore écrire… Comme Confessions sert aussi d’album souvenir pour nos enfants, je ne voulais pas qu’elles manquent une partie de leur histoire… et si je laissais passer un évènement sans le partager ici, c’était comme accorder plus d’importance à ceux qui s’étaient mérité un texte… Pourtant, Dieu sait qu’il y en a des moments précieux qui sont passés sous silence. 

Intense, non?

J’ai toujours eu de la difficulté à gérer les «obligations»… Alors que je suis excellente dans l’art de m’en créer moi-même!  Un des nombreux aspects de mon côté rebelle… et contradictoire! 

Finalement, mon blogue qui devait être récréatif prenait de plus en plus des airs de jobs. J’accordais trop d’importance à l’entretien de Confessions, alors que c’était au départ un moyen d’expression très personnel. D’où mon besoin de prendre mes distances. De respirer. Et d’adopter le slow blogging.

Shift vers le Slow Blogging

Qu’est-ce que le slow blogging?

Les Slow Bloggers bloguent pour les gens, et non pour les moteurs de recherches ou le référencement. – Matt Caulfied

Le slow blogging est un phénomène qui n’a rien de nouveau. En 2005, un premier mouvement faisait déjà surface. Pourtant, nous étions loin des masses de textes commandités et de l’importance pour les blogueurs d’alimenter quotidiennement les réseaux sociaux! Facebook avait à peine un an, Twitter et Instagram n’étaient même pas encore nés. Les blogueurs n’étaient pas encore identifiés comme les influenceurs qu’ils sont aujourd’hui.

Le Slow Blogging remet la technologie au service de l’expression humaine, plutôt que maitre de l’expression humaine. [Le Slow Blogging] c’est reprendre internet pour créer une ile de calme propice à la réflexion au coeur d’un océan d’information. – Matt Caulfied

Malgré tout, il y a 11 ans des blogueurs ressentaient déjà le besoin de ralentir… Ça m’a pris plus de temps à comprendre! J’avais donc besoin de cette pause pour prendre conscience à quel point je suis libre.

Le Slow Blogging est le rejet de l’instantanéité. C’est l’affirmation que ce ne sont pas toutes les choses intéressantes à lire qui sont écrites rapidement, et que plusieurs textes sont mieux formulés à tête reposée ou après mure réflexion. (…) Penser. Étudier. Considérer. Écrire. Ensuite, publier. – Todd Sieling

Mais il n’y a pas QUE le slow blogging!

Attention : le slow blogging n’est pas pour tout le monde! Et je suis loin de condamner les autres approches d’écriture! Je pense que cette philosophie ne doit pas s’appliquer à tous les blogues, sous peine de perdre de véritables perles d’écriture, de contenue et de pertinence.

Il y a aussi des blogueurs professionnels qui se doivent de fournir régulièrement du contenu de qualité. Ils sont payés pour le faire. 

D’autres blogueurs veulent monétiser leur blogue pour amortir le cout de l’aventure ou financer une passion. Ils doivent bâtir un kit média et ont besoin de chiffres et de référencement positifs pour attirer des partenaires. Pour eux, la maitrise des SEO et la présence sur les réseaux sociaux sont impératives. 

Je pourrais moi-même avoir un autre blogue aux orientations différentes! Ou collaborer ailleurs pour remplir un autre besoin ou un objectif différent. Ça ne m’empêcherait pas de favoriser l’approche du slow blogging pour Confessions.

 

Soyez donc les bienvenus chez Confessions de French Lily, version améliorée!

Comme lecteur, vous ne verrez probablement aucune différence. Ce que j’ai publié jusqu’à présent était toujours authentique. Il n’y a jamais eu de concours, de textes commandités, de publicité ou de guest post, il n’y en aura pas plus à l’avenir. La différence est de mon côté de l’écran. Je fais une croix sur l’ambition de retrouver mes statistiques passées de plus de 45 000 pages vues par mois pour retrouver le plaisir de publier! Et disons qu’entre deux textes je ne passerai pas mon temps à angoisser sur ce que je devrais être en train de faire!  😉

À bientôt! 🙂 xx

Pour partager ce texte :
French Lily
Maman, conseillère en consommation, blogueuse.

9 Comments

  1. Ça me fait plaisir de te (re)lire! Je comprends ton sentiment. Dans une autre vie, j’ai déjà eu un blogue de maman. J’ai arrêté pour plusieurs raisons, mais entre autres parce que lorsque je passais un beau moment avec mes enfants, je ne pouvais m’empêcher à la manière dont je pourrais formuler ça sur mon blogue. Bref, je n’étais pas vraiment toute là. Évidemment, cette pression était dans ma tête uniquement, je n’avais de compte à rendre à personne.

    1. Notre tête est trop souvent le problème! On se crée nous même tellement d’attentes… Je suis soulagée de savoir que je ne suis pas la seule à avoir eu tendance à regarder les sorties familiales sous l’oeil de la blogueuse, plutôt que celui d’une “simple” maman. 🙂

  2. Je te comprends tellement! J’ai un blogue depuis 2002 et j’ai toujours eu des creux de vague à cause de la pression que je me mettais, alors que je n’ai jamais monétisé quoique ce soit, écrit d’articles commandités, etc. Le blogue que j’ai tenu le plus longtemps était un blogue littéraire et je me forçais à commenter chaque livre que je lisais. Comme j’en lisais beaucoup (ça, c’était avant d’avoir des enfants), je prenais du retour et je finissais par m’empêcher de lire pour ne pas accumuler du retard supplémentaire. Quand même fou quand on y pense, j’écrivais pour partager ma passion et je m’empêchais de vivre ma passion pour écrire.

    Dernièrement, j’ai recommencé à bloguer sur ma maternité, ma famille, nos défis et là encore, je sentais que je me mettais une pression que j’ai décidé de m’enlever. J’écris pour moi. Si je suis lu un jour, tant mieux, mais j’écris pour mettre en perspective le quotidien, éventuellement trouver des gens qui vivent les mêmes choses que moi, mais certainement pas pour faire exploser les statistiques et me faire sentir obligée de parler d’un sujet parce que j’ai reçu quelque chose en cadeau. D’autres se spécialisent là-dedans et c’est tant mieux.

    Je suis contente de te lire à nouveau, à ton rythme :).

    1. Merci Jessoya pour ton commentaire. 🙂

      J’aime beaucoup ta réflexion sur la lecture que tu t’empêchais de faire pour limiter le retard dans ton écriture! Combien de fois est-ce que je n’ai pas fait un défi photo parce que je savais que je n’aurais pas le temps de publier “à temps”… ou que ça ne me tentait pas d’être obligé de publier! Des contraintes que je n’imposais même pas aux autres participants!

      Ces attentes que nous nous imposons sont prises dans un engrenage qui s’enroule très lentement, petit à petit. C’est parfois long avant que l’on réalise à quel point notre attitude ne fait pas de sens.

      Je vais aller jeter un oeil sur ton blogue! 🙂

  3. que je suis contente et soulagee de te revoir, relire plutot!
    on en a raté le 5/5 de novembre ma belle!
    pas de stress, aucune obligation, que du plaisir ici!
    et tes photos, tes belles photos, ton cadrage, ta lumiére, le regard de tes filles, de ton homme, ton regard de photographe…. allez c’est reparti… slowly…

  4. C’est incroyable comme on n’a pas besoin des autres pour se mettre soit même de la pression 😉 Je comprends tellement le processus, j’ai aussi adopté le slow blogging cet été, parce que je n’en pouvais plus du rush mental que je m’infligeais. J’ai encore quelques rechutes, mais désormais je reviens plus vite à mon désir de partager tout simplement… Beau texte, belle réflexion 😉

    1. Merci Steph! 🙂 Je suis heureuse de ne pas être la seule à adopter ce style d’écriture pour un blogue. En tant que lectrice, j’aime sentir que l’auteur y va selon ses envies, ses coups de coeur, et surtout à son rythme. Parfois on s’ennuie, mais c’est encore meilleur quand je revois un texte se pointer dans ma liste “À lire”! 🙂

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