J’en suis à la croisée des chemins. Depuis notre retour au Québec, la raison d’être de mon blogue s’essouffle. Je l’avais créé au départ pour permettre à notre famille et nos amis de suivre notre quotidien géorgien. Ayant été mutés à Québec plus tôt que prévu, afin que l’Armée puisse utiliser les nombreux talents de mon tendre époux pour préparer la prochaine mission en Afghanistan, notre vie est redevenue relativement banale.

Comme je n’ai jamais voulu tenir un « journal » de nos activités quotidiennes, je ne trouve plus de réelle motivation à écrire mes « Confessions ». Par contre, je suis consciente que les défis qui nous attendent au cours des prochains mois pourraient inspirer quelques textes intéressants. Surtout pour la famille et les amis qui s’inquiètent pour nous.

Il faut dire que notre retour soulève une autre problématique pour mon blogue. Ceux qui côtoient mon quotidien, et qui par conséquent pourraient inspirer certains textes, sont aussi des lecteurs assidus. Je me censure donc, afin de préserver leur égo… Et j’en ai marre de ne pouvoir dénoncer des situations qui m’exaspèrent et que j’aimerais dénoncer!

J’ai donc le choix entre fermer carrément « Confession » et passer à autre chose. Je peux aussi le rendre « privé » pour ma famille et mes amis pour qui notre quotidien revêt un certain intérêt. Je peux continuer de façon sporadique en attendant que notre vie redevienne matière à écriture. Ou je prends une pause jusqu’au début du déploiement prévu pour novembre 2010.

Je ferme. Je privatise. Je pause. Ou j’attaque?

Je vous reviens éventuellement avec une réponse.

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J’y avais mis tout mon amour. J’étais « jeune », naïve et idéaliste. Je pensais que l’amour et la vérité étaient plus forts que tout.

Mais on a manipulé mes sentiments. Chacune de mes intentions et de mes actions était réécrite au bénéfice de quelqu’un d’autre. On a su pousser les bons boutons. La bataille dépassait mon univers.

Je n’étais pas la seule à manquer d’expérience. Je n’étais pas la seule à être trop jeune. Des portes se sont fermées. Nous avons tout tenté pour les laisser ouvertes, seulement pour qu’on nous les fracasse en pleine face.

Tous les experts s’entendaient : nous avions fait tout ce qui était en notre pouvoir. Il fallait lâcher prise. La puissance du mensonge nous était révélée.

Aujourd’hui, on y frappe à nouveau… suscitant des émotions partagées. La joie des beaux souvenirs. La reconnaissance de ne pas avoir été oublié. L’espoir de l’idéal que nous avions. La peine de ce qui n’a pas été. La douleur des années perdues. L’espoir que l’harmonie revienne… mais, aussi, la réalisation qu’il n’y a jamais eu d’harmonie. Qu’il n’y a eu que déchirures et blessures! De beaux moments, précieux, rejetés et disqualifiés avec ingratitude. Mais surtout le doute. Doute sur les intentions. Doute sur les motivations.

D’autant plus qu’aucun mot n’a franchi la porte. Aucune explication. Seulement une requête.

Je la referme alors doucement. Flattée qu’on y ait frappé. Émue qu’on n’ait pas oublié. Mais, malheureusement, jamais plus aussi naïve… cyniquement, je sais qu’il y a un prix rattaché à tout. Je sais ce que nous représentons. Et je ne veux plus être un carnet de chèques ni une intermédiaire.

J’ai peur de blesser encore une fois quelqu’un qui n’a pas été mis sur cette terre pour subir autant de souffrances, de pertes. Mais il faut aussi apprendre. Même quand on est jeune. Moi j’ai appris. Je sais maintenant que les élans de mon coeur ne sont pas toujours bons à suivre. J’ai appris un peu le cynisme, beaucoup la prudence.

J’ai aujourd’hui une famille à protéger. Deux merveilleuses princesses qui ne méritent pas de vivre la guerre et les déchirures. Qui évoluent dans un environnement sain et harmonieux.

Et il n’y a que l’harmonie qui franchira désormais ma porte. Tous y sont bienvenus. Si le coeur est pur.

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Depuis l’arrivée de mes quarante ans, j’ai pris conscience de ma mortalité et du temps qui passe. Il faut dire qu’il y a des signes qui ne trompent pas : tout le monde rajeuni et ma vue baisse.

Mais je vis en ce moment les années où je suis la plus lucide sur moi-même et en même temps la plus indulgente. Cette assurance nouvellement gagnée me fait apprécier chaque moment de mon existence. Et, entre deux SPM, je réussis à tout dédramatiser…

Quelle cruauté d’être enfin en harmonie avec moi-même et ma vie et réaliser que ce « gap » de plénitude sera très court! Bientôt, nous serons « trop vieux » ou « trop séniles ». Cette prise de conscience de ma mortalité me laisse un gout amer.

D’autant plus qu’avoir deux jeunes enfants à mon âge, c’est merveilleux : j’ai vraiment l’impression d’avoir une deuxième vie. Mais réaliser que je ne serai pas là pour bercer leurs enfants, que je ne les verrai probablement pas devenir des femmes accomplies de 40 ans, ça me fout le cafard.

Alors que je n’ai jamais eu peur de mourir, je réalise aujourd’hui que je devrai dire adieu à une vie terrestre qui finalement me comble. Je devrai abandonner ceux que j’aime. Alors qu’au moment des mutations, je préfère être celle qui part, pour cette dernière mutation j’aimerais être celle qui ferme les lumières… ne plus être témoin du quotidien de mes filles, de l’homme de ma vie, de mes amis qui me survivront me fout le cafard.

Je suis mortelle.

Merde!

J’ai maintenant une urgence de vivre et d’expérimenter qui est agréable à ressentir, mais qui s’accompagne toujours du malaise que la fin approche. Que le générique n’est pas loin. Comme un bon livre dont on sent l’épaisseur des pages à lire se réduire… comme un film où l’on voit le compteur se rapprocher de la 90e minute. On savoure le moment… mais on pense déjà à la fin, à ce que ce sera une fois fini, une fois que cette histoire sera racontée et qu’il faudra fermer le livre ou la télévision.

Comme à la veille d’un examen, où l’on réalise qu’on en sait moins que ce que l’on croyait, je réalise que je n’ai pas vécu tout ce que je voulais vivre. Que je n’ai pas toutes les connaissances que je voudrais avoir! Toutes les expériences que j’aurais aimé vivre. Je suis tiraillée entre le besoin d’en faire plus pendant qu’il est encore temps, celui de ne rien faire parce qu’il est trop tard, le regret de ne pas avoir fait mieux, fait plus.

Quelle contradiction entre la sérénité qui accompagne le quotidien et cette angoisse qui pertube notre avenir…

Je dois déjà faire le deuil d’une partie de ma vie. Et d’une partie de ce qu’elle aurait pu être. Mais doit-on forcer pour avoir ce dont on a toujours rêvé, au risque de ne jamais l’obtenir ou se forcer à accepter ce que l’on a afin de n’avoir aucun regret au moment de notre dernier souffle?

Il faut maintenant dépasser cette morosité que la fin approche, pour profiter pleinement de chaque moment qu’il nous reste à vivre. Ne pas angoisser avec toutes les réalisations qui ne seront pas nôtres avant notre mort. Réaliser que l’on pourrait bien disparaitre sans devenir ou accomplir tout ce qu’il y avait sur notre liste. Peut-on vivre avec ces conséquences ou cette réalisation? Sinon, c’est le temps de passer à l’action!

Heureusement, à l’aube d’un 42e anniversaire, il y aura toujours une amie pour vous faire plonger en plein coeur d’un trip d’adolescente ;-)

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Les vacances familiales nous ont permis de prendre enfin du temps pour nous et elles m’ont laissé quelques minutes pour penser à moi. Au fil de mes brèves introspections souvent interrompues par la Queen, la Duchesse ou le Tombeur, j’ai décidé de me consacrer à temps plein à ma job de Maman. Parfois la plus exaspérante qui soit, mais certainement la plus fantastique!

L’annonce de la fin de Lily Design et de ma collaboration avec Bo&Mienne est une des conséquences de mes réflexions. Mes autres projets, bien que très avancés, n’ont même pas eu le temps de se montrer au grand public.

Comme je peux me permettre de ne faire que ça, prendre soin de Sofia et d’Audrey, pourquoi m’en priver et me surcharger de projets, d’objectifs et de réalisations? Je suis une meilleure maman quand je n’ai que ce rôle à remplir!

Il faut dire qu’Audrey grandit vite et gagne en autonomie. J’ai un peu plus de temps pour moi et de liberté, mais, paradoxalement, j’ai moins besoin d’évasion! Jouer avec les filles est redevenu un réel plaisir! Et le soir, je peux enfin profiter de mon Amour (quand il ne ronfle pas avant les enfants!) ou lire un bon livre. Difficile à battre comme programme!

Depuis que ma décision est prise, je me sens bien! La vie est simple et agréable. J’ai la chance d’avoir des mamans qui sont libres le jour pour faire des activités. C’est toujours un coup de dés, ces amitiés déclenchées par les enfants, mais je suis chanceuse : la chimie est au rendez-vous!

C’est la belle vie! Et je comprends enfin la signification de l’expression « Être bêtement heureuse »!

J’imagine que maintenant nous allons être mutés?

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Le succès est une question d’attitude. Pour réussir, il faut avoir la foi : en soi, en notre réussite, en notre « produit ».

L’attitude garantit donc le succès. Mais pas la qualité. La qualité dépend du talent alors que la réussite dépend de l’attitude. Une attitude sans talent a plus de chance de réussite qu’un talent sans attitude.

Ça me pose un problème d’éthique…

Je suis probablement la seule à me comprendre, mais bon… je voulais en garder une trace!

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Hier matin, sous la douche, j’ai eu une révélation au sujet de la sagesse. Drôle d’endroit pour une telle illumination, mais comme c’est mon dernier retranchement d’intimité, c’est le seul endroit où je m’entends penser.

J’ai songé en écrire un livre… mais j’ai réalisé que mon oeuvre serait très courte. Car mon éclair n’a pas brillé longtemps. Voici sa formule :

Sagesse = (un maximum d’expérimentation + un minimum de réflexion) x un certain nombre d’années

Et voilà.

The end.

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Depuis notre retour au Québec, mon blogue ne m’inspire plus. Nos aventures familiales sont moins excitantes. Je ne veux pas tomber dans la narration de la routine quotidienne. Tout ce qui se passe ici, c’est du connu.

Et ce n’est pas parce nos amis sont maintenant plus présents, au contraire… À l’exception des nouveaux amis, qui se pointent régulièrement. Et de ceux que nous avons laissés à Benning qui prennent des nouvelles plus souvent que « L’ancienne garde ».

Le quotidien, le travail, la famille, la course contre la montre… Qu’est-ce que vous croyez? Qu’ils ne vivent pas la même chose là-bas? Qu’ils n’ont pas une vie, eux aussi? Je vous l’accorde, la mentalité y était très différente. Qu’il s’agisse de « transplantés » comme nous ou de « locaux », nous avions tous un point en commun : l’amour de la vie, le goût des découvertes, la curiosité des autres, l’impulsivité d’écouter nos envies, la soif de profiter du moment présent.

Je n’accuse pas les Québécois de ne pas avoir ses qualités. J’ai juste l’impression qu’ils en rêvent tous sans les cultiver… Ils jurent qu’ils s’y mettront… après une dernière brassée de lavage, une virée chez Wal-Mart ou un bouton à réparer.

Et pour chaque sortie ou rencontre, le niveau de coordination se compare à l’organisation d’un mariage! Ça finit par gâcher l’envie de se voir… Sans compter le facteur « temps ». Il semble y avoir une étiquette du temps à respecter entre la requête pour se voir et la rencontre en tant que telle… God!!!

Je sais qui sont mes vrais amis. Je sais qu’ils sont là même dans leur absence. Mais l’amitié, ce n’est pas seulement d’être là en cas de besoin. C’est aussi d’être là, quand on n’a aucune raison d’y être.

Les vrais amis ne s’offusqueront pas de mes réflexions… Ce n’est pas la première fois que j’aborde le sujet avec eux. Pour les autres : vous pouvez continuer à lire en « anonyme » jusqu’à ce que je mette la clé sous la porte.

En attendant, je vous laisse : j’ai une brassée de linge à plier et des commissions à faire chez Wal-Mart!

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Est-ce que je fais une montagne dans un verre d’eau ou suis-je tout simplement paranoïaque? Il semble que dans beaucoup d’histoires pour enfants, les mères ont toutes été mystérieusement emportées par une mort précoce (Chicken Little, Nemo, Bambi, La Petite Sirène, La Belle et la Bête).

À l’exception de Peter Pan, ou la mère occupe un rôle traditionnel de conciliateur entre le père et les enfants, dans la majorité des contes, la mère semble avoir été facilement éliminée, comme un accessoire superflu, et ce, dans le seul but de justifier une ligne de dialogue (« I wish your mother would be here! » – Chicken Little).

Est-ce que ces histoires ont été écrites par des misogynes entretenant un rapport douteux avec leur mère? Ou est-ce pour contrebalancer une réalité où les pères sont souvent absents, conséquences des droits de garde trop souvent accordés exclusivement aux mères avec le simple argument : « C’est la mère des enfants! »?

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Si les hormones et la génétiques sont responsables de l’obésité, pouvez-vous m’expliquer pourquoi dans une famille, la mère et la fille sont obèses alors que la grand-mère est mince? Les gènes auraient-ils muté récemment?

Et est-ce à cause des hormones que la grand-mère commande une portion « lunch size » avec un thé glacé non sucré alors que sa fille et sa petite-fille commandent des portions « dinner size with all the sides » en plus d’une boisson gazeuse extralarge?

Ah ces hormones! J’espère que leur mutation n’est pas un effet secondaire de tout le spray net que l’on s’est mis dans les cheveux pendant les années 80!!!

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???

Est-ce que je m’étais dit à un certain point : « Pu jamais! »? Est-ce que j’avais laissé une Note to self : « Ne pas oublier ce détail si jamais l’envie nous reprend? ». Est-ce que je m’étais juré qu’on ne m’y reprendrait plus?

Merde! J’ai beau me creuser les méninges, je ne pense à rien. J’ai tout oublié! Mais, j’ai la vague impression qu’il y a quelque chose dont je devrais me souvenir… et j’ai la frousse que ça me revienne brusquement… une fois qu’il sera trop tard!

Peut-être maintenant?

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