Camping de sardines!

Pour certains, faire du camping extrême signifie planter une tente sur la couche glaciaire de l’Arctique par une belle nuit d’hiver où même le mercure du thermomètre est complètement gelé ! Pour moi, c’est me retrouver dans un KOA.

Je comprends l’attrait que représentent ces lieux pour plusieurs campeurs. Les terrains privés de ce genre sont parfaits pour les groupes d’amis ou les familles qui veulent se réunir. Surtout quand personne n’est volontaire pour accueillir toute la bande à la maison et se taper la bouffe et le ménage ! Le camping offre une solution parfaite : les enfants peuvent jouer en toute sécurité sur un site cloisonné, pendant que les parents partagent une bière (ou 12) au son d’une radio locale. J’avais une collègue de travail qui ne vivait que pour ces weekends passés au terrain de camping. Et je sais que des milliers de personnes aiment ce style de vie, et prennent plaisir à retrouver leur confrérie estivale.

Personnellement, je déteste ! Je suis trop sauvage…

Déjà que je supportais difficilement la vie de banlieue… Vivre en communauté, entassée comme des sardines, me rend grincheuse (selon mon Guerrier, le mot est faible !).

Camping de sardines
Vous pensiez que j’exagérais? 😉

Nous avons l’un des pays les plus vastes, où l’on retrouve le moins d’habitants au pied carré, et dont les espaces verts font l’envie de toute l’Europe ! Je ne vois tout simplement pas l’intérêt de payer pour échanger mes trois acres de terrain privé contre le décor d’un camp de réfugiés ! Je ne ressens aucun plaisir à me retrouver collée tôle contre tôle dans un endroit où les arbres sont aussi nombreux que les barres de réception satellite sur mon téléphone, sur un terrain où mon slide-out est accoté sur l’auvent du voisin. Sans parler des gouts musicaux éclectiques que l’on peut entendre du matin jusque tard dans la nuit !

Pour la musique, il semble d’ailleurs y avoir une certaine stratégie lorsque vous faites du camping : au départ, tout le monde écoute un poste de radio différent, ce qui est absolument cacophonique dans un espace aussi restreint. Au fil des heures (et des bières englouties), un résident décide de subtilement monter le volume afin d’enterrer tout le monde. S’en suit parfois une guerre de décibels, jusqu’à ce que le chef d’une tribu l’emporte. On se retrouve alors à tous écouter la même chose, ce qui est déjà mieux, mais à un niveau sonore franchement désagréable !

Alors la trame musicale de notre weekend s’est résumée à la radio country, suivi d’une playliste des années 90, sur un fond de voitures filant sur l’autoroute, de motos tentant de briser le mur du son, de confidences sur les mésaventures professionnelles des voisins et de raclement de gorge… Disons que je m’ennuyais de mes grenouilles qui nous font un concert chaque nuit, de mes oiseaux qui me réveillent à 5 h du matin, et des milliers d’étoiles que je peux contempler de la fenêtre de ma chambre.

Malgré tout, j’étais heureuse de faire une première sortie avec notre roulotte (et pas seulement pour le bonheur de revenir à la maison !). J’étais contente que nous soyons ensemble. Sans distraction humaine ou virtuelle. Sans liste de tâches. Le terrain et les fleurs pouvaient attendre. La balayeuse aussi. Au programme : Rummy, Uno, Jour de paye, lecture et dessin. Des trucs que l’on fait aussi à la maison, mais rarement de façon aussi intense.

Il faut dire que ce premier weekend de camping avait surtout pour but de nous familiariser avec notre nouvelle roulotte. Raison pour laquelle nous avions choisi le terrain le plus près qui offrait les « 3 services » (eau, électricité, égout). Nous pouvions tester l’équipement, la configuration et retrouver la civilisation en cas d’oubli catastrophique. Ou aller nourrir les chats en cas d’urgent besoin d’évasion. Mission accomplie. Sans même me sauver pour visiter les chats.

La belle vie!

En bonus : nous avons rencontré Lou & Kathy, nos voisins américains. L’autre clientèle de ce type de camping. Ceux qui voyagent, explorent et ont besoin d’un endroit pour dormir. Grâce à eux, nous avons passé un magnifique samedi après-midi ! Et Sofia a reçu un premier cadeau de fête : un contenant de crème glacée Ben & Jerry’s, importé directement de leur usine du Vermont! 

Camping de sardines

Après une telle épreuve aventure, j’ai quand même très hâte à notre prochaine sortie qui sera plus dans nos cordes : un nouveau parc provincial à explorer ! Moins de service et de civilisation, mais le plaisir d’être en nature et de découvrir différents sentiers — beau temps, mauvais temps. Parce qu’arpenter un KOA dans la brume et la bruine n’a vraiment rien d’inspirant !

French Lily

Lyne

Maman, spécialiste en finances personnelles, blogueuse.

8 Comments

  1. J’ai fait du camping en famille une fois. Je n’ai pas aimé pour toutes les raisons que tu viens de décrire, plus l’impossibilité de voir les étoiles parce que tout le monde se faisait un feu de camp le soir et qu’un nuage de fumée bloquait le ciel. Et le manque de confort. Bref, je suis une fille de chalet plus qu’une fille de camping. 🙂

    1. J’aime aussi les chalets! 😉 J’aime le camping comme nous en faisions en Ontario : pour découvrir différents parcs provinciaux et nationaux, voyager en restant “dans nos affaires” avec un certain confort. Ne pas avoir l’impression d’être dans mes bagages mais pouvoir partir les weekends ou en vacances visiter un nouveau coin de pays. J’espère que nous aurons ce genre d’expérience ici aussi.

  2. Désolée pour cette ” mésaventure” au réçit plein d’humour. On a bien perçu ( et presque vécu) les moments épiques de ce weekend au camping !! La bonne nouvelle, c’est que les chats ont survécu !!
    😉

  3. Quel aventure ! Et l’humour du récit ! Ceci dit, je suis européenne et j’adore aussi l’intimité des grands espaces, voir même la solitude de ces grands espaces. L’occasion de se ressourcer. Pour autant j’ai également de très beaux souvenirs de belles rencontres dans ces espaces à sardines. Et il nous arrive même d’y aller volontairement, juste pour se laisser surprendre par ces rencontres improbables. Ce qui vous est finalement arrivés 😉

    1. C’est vrai que les rencontres sont souvent mémorables. De très beaux échanges prennent place en camping. Tout est une question de timing… savoir choisir en fonction de nos besoins ou désirs : solitude ou rencontres. 🙂

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