Première journée de ma puce à l’école… Je suis confrontée à mes valeurs, mes attentes, mes espoirs, mais surtout, à mon rêve de vie familiale.
Avant d’avoir notre bébé d’amour, nous avions décidé que je laisserais ma carrière et que je serais « Maman à la maison ». Je voulais offrir à ma fille un environnement aimant, détendu, traditionnel. Une maman disponible, qui prend le temps de jouer avec sa puce, qui prépare de bons petits repas, qui s’occupe des tâches ménagères pendant que son bébé gazouille et gambade tout partout. J’imaginais de la peinture au doigt, des sorties au parc, des jeux avec les petits amis. J’espérais des sorties « entre filles », des crèmes glacées sur le porche, des jeux l’avant-midi, des siestes l’après-midi, des biscuits chauds devant la télévision au réveil. J’espérais pouvoir lui offrir le même petit cocon familial que celui qui m’a tenue au chaud pendant toute mon enfance.
Malheureusement, mon rêve est venu s’écraser contre le mur de la réalité des années 2000. Il n’y a pas d’amis pour jouer la semaine, ils sont tous à la garderie. Les parcs et activités extérieures sont à oublier une bonne partie de l’été, la chaleur torride décourageant la résistance de tous. Une maman pour jouer c’est agréable, mais pas autant qu’une autre petite fille de deux ans.
Nous avons donc pesé le pour et les contres des centaines de fois. Je sais que nous avons trouvé un milieu stimulant et chaleureux, même si j’aurais préféré un milieu familial. Je sais qu’elle va pouvoir s’amuser et se développer harmonieusement entouré d’enfants de son âge, même si elle sera loin de moi toute la journée. Je sais que je ne pourrais jamais la stimuler autant si je la gardais avec moi à la maison, même si des milliers d’enfants ont « survécu » à leur mère. Je sais que c’est la meilleure solution pour ma puce, même si ce n’est pas la meilleure solution pour moi.
Je m’ennuie de ma belle Sofia. Je m’ennuie de l’avoir continuellement à mes côtés.
Je m’ennuie de nos petites habitudes. Je m’ennuie de la vie que je menais auprès d’elle depuis maintenant 28 mois…
Il est enfin 14h30… je peux enfin penser à aller la chercher. Et commencer à bâtir notre nouvelle vie familiale.
C’est vrai que c’est difficile lorsque la réalité n’est pas celle que nous avions imaginée. Mais je pense que lorsqu’on se laisse guider par notre enfant et qu’on sait que la décision prise la rendra plus heureuse, ça pèse moins lourd sur le coeur. Je me souviens lorsque j’ai eu ma plus vieille et que je suis retournée au travail. J’avais le coeur en mille miettes car j’enseignais à la maternelle, je maternais les enfants des autres et je faisais garder la mienne. Pourtant, j’avais pris la décision de retourner au travail car je ne me sentais pas heureuse à la maison, je voulais que ma petite voit une mère heureuse et elle a été comblée pendant toutes les années que Mimi l’a gardée. Et c’est bien le bonheur dans le regard de mon enfant qui m’a fait réaliser petit à petit que ce que nous avions décidé avait été pour le mieux.Je t’envoie mes bonnes pensées.
Wow, elle a 28 mois! Tu es vraiment chanceuse et elle est vraiment chôyée d’avoir pu demeurer à la maison avec toi au-delà de ses 2 ans! Tu es assurément une privilégiée dans notre monde effréné où, effectivement, c’est le calme plat (pour ne pas dire plate!) dans les quartiers résidentiels durant la journée.
@ Souimi : merci pour tes encouragements
J’imagine la torture de t’occuper de tout petit alors que tu n’étais pas avec la tienne… Mais la consolation se trouvait dans le regard heureux de ta fille. @ Véro : choyé d’être avec ma fille oui. Privilégiée? C’est une question de choix. Nous avons sacrifié un excellent salaire et coupé dans de nombreuses dépenses pour pouvoir nous offrir ce en quoi nous croyons et respecter nos valeurs personnelles. Pour ce qui est de notre quartier, beaucoup d’amies disponibles mais pas d’enfants de deux ans… ceux-ci étant à la garderie… mais je travaille là-dessus
Tu as essayé, c’est ça l’important. Peut-être que ta future puce se contentera de jouer avec sa grande soeur quand cette dernière sera à la maison et voudra profiter de tout son temps seule avec toi. On ne sait jamais! Ou encore, qu’à ton dernier trimestre, tu seras heureuse de pouvoir te reposer un peu pendant que Sofia est à la garderie. Tout va se terminer pour le mieux!
@ Zazou : oui, en effet, ça risque de se terminer assez vite. Je reviens avec les détails mais la garderie n’est pas un succès
Si vous relisez votre billet, vous n’avez pas vraiment envie d’envoyer votre enfant à la garderie, vous le faites à contrecoeur. Les enfants sont très proches de leurs émotions et des émotions parentales, la petite l’a senti que vous, vous n’étiez ni prête ni convaincue, alors elle réagit en s’accrochant à vous et c’est bien normal. Je viens de compléter un certificat en Petite enfance et famille: intervention précoce et l’âge de la sociabilisation ne commence par vraiment avant trois ans. Vous avez donc toute une année au moins pour relaxer et profiter de vos enfants, vu que c’est ce que vous avez envie de faire et que c’est concrètement possible. Pourquoi se casser la tête? Pourquoi faire compliqué. Concrètement, ça veut dire que même si elle n’a aucun ami de son âge pendant un an encore, ça ne nuira aucunement à son développement si elle est bien stimulée à la maison, à son rythme!
@ Femme libre : c’est ce que ma grande amie, psychologue de surcroit, m’a dit en des termes moins polis… “Your timing stinks…!!!” D’accord avec vous deux mais, même si mon coeur le savait, j’avais besoin de tester… c’est fait! La prochaine fois j’écoute mon coeur
Merci pour le commentaire